Ce que Marianne en pense, et ce que j’en dis.
14ème édition du salon littéraire de Fuveau (Bouches-du-Rhône), dimanche 7 septembre 2003.
J’achète deux exemplaires de Ce que Marianne en pense, que je fais aussitôt dédicacer par son auteur, Jean-François Kahn. En attendant un débat sur l’anti-américanisme, auquel participeront JFK, Yves Berger et Franz-Olivier Giesbert, je m’appuie contre un arbre et je commence à lire ce petit livre dont, lecteur fidèle et enthousiaste de Marianne, et séduit depuis longtemps par la verve et le franc-parler de son auteur, je sais dans quel état d’esprit il a été écrit. Parti pris, soit, et alors ? Je dévore les trois ou quatre premiers chapitres de ce bouquin provocant et roboratif. A quelques pas seulement, Marthe Villalonga, radieuse et attachante, comme toujours. Je poursuis ma lecture, le sourire et un cigarillo aux lèvres, parfois en éclatant de rire, tant sont irrésistibles l’ironie et l’humour piquants de Jean-François Kahn. L’ironie et l’humour de l’écorché vif, du révolté ; de celui qui a quelque chose à dire, enfin, et qui sait comment le dire ; de celui qui provoque, par devoir citoyen plus que par plaisir.
Mais que trouvé-je donc dans les 153 pages de cet essai-pamphlet-satire-brûlot ? Tout ! Des analyses pertinentes, des idées, un authentique et salutaire appel à la révolte contre la bien-pensance. Un citoyen, un vrai ! En un mot, un appel à la révolution ! Je partage tout ce qu’écrit JFK, que lui dictent son honnêteté et son intelligence. Je suis d’accord avec lui sur tout : l’Europe, le Moyen-Orient, le terrorisme, l’intolérance et l’exclusion, l’immigration, le néolibéralisme, le MEDEF, la gauche et la droite, la « modernité », les « réformes », la République, Le Monde vu par J-M. Colombani, etc. Bref, sur tout ce qu’est Marianne et ce pour quoi est né (et devait naître) cet hebdomadaire. Mais ce que je retire avant tout de Ce que Marianne en pense, qui devrait rassembler tous ceux qui, d’accord ou pas avec JFK, ont une certaine idée de la Démocratie, c’est la nécessité du débat, de la confrontation d’idées et de projets ; l’absolue nécessité de l’accord et du désaccord, livrés à part égale au jugement libre et éclairé de tous. La bien-pensance, édifice collusoire des politiciens de droite et de gauche, des média (Le Monde, Libération et autres France 3, « chiens de garde » naguère stigmatisés par Serge Halimi) et des néo-libéraux mondialistes de tout poil, entend confisquer ce débat aux citoyens, qu’elle veut soumettre coûte que coûte. Voilà pourquoi le petit livre de JFK est un très grand livre, dont je recommande chaudement la lecture à tous ceux qui refusent de se laisser chloroformer. Il donne une idée claire de ce que doit être la Démocratie et la Citoyenneté. Tout simplement !
Ce que Marianne en pense, Jean-François KAHN, Ed. Mille et Une Nuits (novembre 2002 – ISBN 2-84205-721-X)

