Grève de la faim : Richard Martin défend son théâtre

Richard Martin, directeur du théâtre Toursky à Marseille, a commencé une grève de la faim il y a 48 heures. C’est là son ultime protestation (après maintes pétitions) contre la diminution puis l’annulation de la subvention que versaient naguère au théâtre le ministère de la Culture et la DRAC PACA. A quoi sert une subvention ? Tout simplement à réduire le prix des billets et permettre ainsi au plus grand nombre de se cultiver et de grandir, de sortir de chez soi et découvrir, dehors, un monde intérieur nouveau. Assis dans des fauteuils en velours rouge, plongés dans le noir, tous partagent l’émotion que leur procurent la scène et le fait d’être ensemble. Le théâtre est culturel ; il est social aussi. Et magique !

Richard Martin a fait du Toursky un des meilleurs théâtres de la ville. Abonné depuis plusieurs années, je me félicite de sa formidable programmation ; et je le remercie, lui et toute son équipe, de permettre à tout un chacun, contre vents et marées, de voir et regarder, d’écouter et entendre, de penser et jouir ! 

Que reproche-t-on au juste à Richard Martin ? D’être un libre penseur, un libertaire, un « saltimbanque » comme il aime lui-même à se définir ? Et alors, n’est-ce pas là, quelque part, l’essence même de la culture et de la création ? Richard Martin ne crie-t-il pas aujourd’hui plus fort que jamais son Amour de cette Liberté à laquelle nous tenons tous, de cette Egalité d’accès à la culture, de cette Fraternité que traduit dans son théâtre le partage d’un grand moment, d’une très belle émotion ?

Son action aujourd’hui est politique, au sens originel et noble du mot. Elle est aussi hautement symbolique : Richard Martin a cessé d’alimenter son corps pour que nous puissions continuer de nourrir notre coeur, notre esprit et notre âme. Chapeau l’artiste ! Vous avez, Monsieur, en plus de ma profonde sympathie, mon admiration la plus grande !

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