L’économie du Cœur

Le Japon a tremblé.
Ses centrales englouties
En nuages déglutis
Par tous les hommes – d’emblée –
Font que la Terre entière –
Si fière et si altière –
Redoute sa frayeur :
Elle attend. Elle a peur.

Voilà donc aujourd’hui
Que l’action planétaire
Dans l’effroi et le bruit
Chute et se met à terre.

Les marchés et leurs laies
Pensent ce jour à leurs plaies :
A Tokyo, Francfort, Paris, New York ou Londres –
On se met à l’abri – tous au chaud, bien à l’ombre –
Tous à l’horizontale.
Devant la mer léthale
Et la trombe qui plut –
On ne se vautre plus.

Ces bourses sempiternelles
Manquent toujours de couilles –
Mais jamais de cervelle :
Elles s’en mettent plein les fouilles :

«Et le cours de la houille ?
Et celui du pétrole ?
Du nickel, du cobol ?
Et du cobalt ? – Ouille ! »

La confiance chancèle puis s’effondre –
Comme vont les immeubles et les vies –
Et tous ces maudits portefeuilles
(car la terre tremble comme une feuille) –
Gorgés d’appétits et d’envie –
Tandis que certains cœurs vont fondre.

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