EDMOND, ANNIE
A Edmond et Annie, des amis rencontrés presque par hasard. Le hasard fait souvent bien les choses…
Je donne à mes poèmes –
Souvent –
Un nom – un titre –
De Noblesse :
Celui des gens que j’aime –
Qui m’émeuvent et me poussent.
Aujourd’hui confondus en une même pensée –
Dans un même sentiment
Et dans le même détour :
Edmond, Annie.
Et puisque si l’on aime –
On ne chipote pas –
Je ne compterai ce jour ni les vers ni les rimes :
A deux âmes exactes, aujourd’hui je m’arrime.
Je les mêle toutes deux et les pétris ensemble
De mes paumes tendues et d’un Cœur grand ouvert –
Les manches bien retroussées
Pour aller jusqu’au fond –
Bien au-delà du coude, au-dessus de l’épaule :
Ils me viennent à la tête.
Je les sens comme une Fête.
J’en ferai mon gâteau –
Aussi suave qu’eux –
Peut-être.
« L’amitié est parfois virtuelle »,
Disent sottement les oies gonflées de farces.
La mienne est bien réelle –
Au fond de ma belle cuve
Où je tends à faire vivre cette pâte à lever
En y versant – goutte à goutte –
Et mes larmes salies –
Et mon œil ébloui.
C’est Noël, bientôt.
L’Avent n’est pas passé ! Pourtant…
Au pied de mon Sapin –
Une galoche cirée – pleine d’une belle orange –
Un sourire, une chaleur –
Et quelques papillotes.
Edmond a posé là son merveilleux cadeau !
Au sommet de mon arbre
Se perche une belle Etoile
Qui scintille comme l’espoir embrasé d’un message.
L’oiseau s’est posé là, comme une lettre au passage.
Annie regarde. Elle sourit. C’est Elle –
Qui verse sur toutes les branches une cascade de guirlandes –
Abreuvant les racines, les cadeaux et les Yeux.
Quant à moi, pauvre hère émerveillé
Par ces deux douces lumières –
Je mets un couvert de plus –
Au cas où un Pauvre frapperait à ma porte –
Comme une Prière.

