Une bille

Perdue dans l’Univers –
La petite boule se perd
Depuis la nuit des temps
En de vaines conjectures –
Et des guerres intestines.

Toute petite – minuscule, ridicule –
Dans l’Infinité –
Elle se divise pourtant
Comme une orange
Sans quartiers.

Les Orangers, sur Terre !

Les hommes – espèce terrible –
La conquièrent, l’occupent et puis l’habitent –
S’insultent et la ravagent –
Ne savent toujours pas qu’ils vivent et meurent ensemble –
Avec d’autres espèces –
Sur ce grain de poussière qui nourrit tout le monde
De son jus exprimé.

Ils ignorent qu’ils sont – perdus –
Un tout petit rien, un fragment de poussière
Comme elle, insignifiants –
Dans le très vaste Ether.

Ils se haïssent, se battent – et s’époustouflent –
Pour leur seule particule :
A leur petite échelle, ils ne peuvent voir qu’eux-mêmes –
Surtout pas l’Autre –
Moins encore la Planète qui les abrite, les protège –
Qui les ferait rêver d’hier, d’aujourd’hui – et de demain peut-être.

Tous les hommes croient en leurs propres dieux –
Là-haut ou ici-bas.
Des chiffres, des équations, et combien de mystères !
Qu’importe : ils croient tous au Ciel comme à cette pauvre Terre.

La Terre !

Elle a fait leur triste fortune et leur belle infortune
Au milieu – pensent-ils – d’un vide très bien chauffé par une grosse étoile
Qu’ils ont nommée Soleil –
Que d’autres appelaient Dieu !

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