Dépucelage politiquement très incorrect

Mon éducation politique est faite ; je suis dépucelé, enfin ! A midi, à une table où nous avions été conviés sans heure, je fis la connaissance des caciques du régime local. Je serrai quelques mains et échangeai des propos d’une consternante banalité, un peu comme sur les marchés en période électorale. « Ah, vous êtes du quartier, merci d’être venu. Nous allons faire des choses ensemble. » En gros, c’était ça.

Nous étions là pour parler du quartier, de notre pauvre quartier. Tout fut dit comme tout ce qui fut fait, c’est-à-dire rien ! Il y avait cependant, fort heureusement, le buffet et les convives, le premier plus appétissant que les seconds. J’étais à la table des caciques, tous les caciques : le président de la communauté urbaine, la députée (la mienne, que j’ai élue) et le maire d’arrondissements. Et puis l’inattendue : la présidente des CIQ, très copine avec le président de la communauté urbaine. Voilà pourquoi nous étions tous à la même table.

(Rires contenus)

Les voilà qui se mettent tous à parler de culture. Je mets mon grain de sel dans la conversation. Le grain de sel est aussitôt lavé par un autre sujet et la voix de la présidente des CIQ qui se fait plus forte, comme son oeil : j’essaye de parler d’une chose à laquelle elle n’a manifestement rien compris et dont elle ne veut surtout pas entendre parler de peur qu’un citoyen fasse de l’ombre à sa pauvre lumière. Je voulais simplement, honnêtement, parler de culture et proposer mes services à un quartier rongé par l’inculture, dont la sociabilité se résume aux centres commerciaux et aux arrêts de bus. Je reçus, avec un sourire hypocrite, une fin de non recevoir. Mais que faisais-je donc là ?

Bref, je n’ai toujours rien compris à la politique, qui est l’art de se faire entendre et de se faire élire tout en ne sachant pas de quoi on parle. Il suffit de claquer quelques bises, quelques mots vidés de leur sens et surtout de ne pas dire ce que l’on pense, si toutefois on pense.

J’en ai conclu aujourd’hui que je n’étais pas fait pour cette politique-là, peut-être même plus pour voter !

Comments (1)

DERUELLEdécembre 2nd, 2012 at 4 h 03 min

VOTER EST UN DROIT ET UN DEVOIR ,UNE CHANCE DE FAIRE CHANGER,MÊME SI CERTAINS SONT MOCHES ,LA DÉMOCRATIE GAGNE QUAND LES FEMMES ET LES HOMMES PRENNENT LEUR DESTIN EN MAINS,NE JAMAIS BAISSER LES BRAS ………ET PAS LAISSER LES AUTRES DÉCIDER POUR SOI.

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