Ras-le-bol ! Pardon, ras la casquette !

ATTENTION ! Ce qui suit ne concerne pas tous mes élèves mais simplement quelques-uns qui, ensemble et dans leur petit nombre bien trop grand, me gâchent la vie !

Je perçois aujourd’hui que je ne suis sans doute pas fait pour être professeur jusqu’à ma retraite. Je ne tiendrai peut-être pas assez longtemps, debout devant celles et ceux que j’ai pourtant la vocation d’instruire, d’édifier. Je construis lentement d’autres projets, aussi grands, hélas, que la crainte et le désir mêlés de déserter. Il faudra bien, je crois, que je continue de m’épanouir dans la fuite avant que de me fâner.

Mon discours provocant (il faut bien qu’il le soit puisque j’enseigne aussi l’art de penser et de critiquer) n’est plus aussi audible et aussi bien reçu que naguère ; il m’arrive d’ennuyer, voire d’exaspérer mes élèves quand je leur livre ma réflexion, une question, une simple hypothèse. Mes mots se heurtent à leur effroyable silence, à leur cervelle amusée et oisive. Alors je m’ennuie, moi aussi, tout en regardant ces maudites aiguilles qui tournent plus lentement qu’avant. J’observe au bord des larmes les regards qui bâillent et les joues qui se gonflent. Je lutte encore, malgré tout, quand même, jusqu’à ce que s’ouvre la porte.

Je veux être autre chose tout en restant moi-même.

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