SANS

Sur les marches lisses du théâtre
Dans l’odeur âcre de l’urine
Dans le vacarme des voix passantes
Un homme dort –
À deux pas du lycée.

Il est là presque inerte
Invisible et rêveur
Réfugié dans ses songes
Derrière ses paupières closes –
Sous son duvet de honte.

Dans ce monde sans personne
Cette vie ignorée
Passe presque inaperçue
La nuit le matin l’après-midi en suite
Le soir en fin la nuit encore –
Silencieuse indolore.

Passe alors un poète
Qui se pose et regarde
Écoute le silence des jeunes âmes rieuses
Puis verse un soupir triste et long –
Comme une goutte d’encre.

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