Là-bas et là-haut

LÀ-BAS

Le bleu limpide et frais
Vient goûter au rocher
Quand dans sa grotte caché
Le fils du temps s’abreuve
De miel, de lait de chèvre
Quand pour puiser de l’eau
Irriguer les sillons
Les moulins tournent
Comme des têtes ivres.

Là-bas la terre est haute
Pour mieux toiser le monde
Fertile et grosse toujours
Pour mieux donner le jour
Offrir la vie, le silence des couleurs
La saveur de ses sources
Et de son grand jardin.

Du rivage jusqu’aux cimes
Tout se pare de lumière
Exhale des parfums
Chante, vibre, s’amuse
Se confond dans un ballet de sens
Jusqu’au vertige étrange
Au soupir tranquille
À la larme du sourire.

Cette terre longue et fière
Hérissée d’oliviers
Tenue par ses chemins
Ses cailloux et sa vigne
Descend loin dans l’histoire
De l’homme et de ses mythes
De ses murs blancs et secs
De tous ses monastères
De ses ports, ses filets
Et ses amarres larguées.

LÀ-HAUT

Un certain ciel du soir
Tracé par l’altitude
Un tableau sur fond noir
Des nuances d’habitude

Sans verbe à l’horizon
Dans le souffle du vent
Et ses conjugaisons
Aujourd’hui comme avant

De l’air par folles rasades
Un pinceau des palettes
Des nuages en tornades
Et couleurs en bandelettes

Un certain ciel ce soir
Sans aller ni retour
Et deux coudes au comptoir
Au sommet d’une tour

Leave a comment

Your comment

*