L’homme qui plantait des arbres

Hommage à Jean Giono

Un berger solitaire en désert de Provence
Garde quelques moutons
Et creuse un puits profond
Pour avoir de l’eau fraîche qui fait toute sa jouvence.

C’est un homme silencieux en une terre imagée
Taciturne, aimable et endurci
Qui travaille là, habite ici
Dans une bergerie très propre et bien rangée.

Épuisé par la marche et les pierres
Sous le soleil brûlant
Dans ce vaste paysage
Je rencontre le sage.

Du paysage aride au pied de nos montagnes
De sa rude patience
Dans l’absolu silence
Il crée une forêt de chênes, très loin des sagnes.

Il m’invite à entrer
À partager sa soupe.
Son chien quiet se repose
Nous mangeons en silence.

Après le mets frugal de ce grand coeur fébrile
Je propose mon tabac, mais il ne fume pas.
Je chemine jusqu’à son grand désert – dans ses pas –
Où viendra la vie accrochée à ce calcaire fertile.

Je suis parti ensuite
Creuser de mortelles tranchées
Quand il faisait des trous
Pour y semer des glands.

Une guerre après
Dans sa paix infinie
Poussaient encore tous ses arbres protégés
De la scie et de la hâche des charbonniers.

Le vieil homme achevé
S’éteignit un beau jour en silence
Au pied de ces collines
Qu’il avait reboisées.

Dans le petit cimetière d’un village écarté
Se trouve une sépulture à l’ombre d’un grand chêne.
« Ci-git, dans la terre et les racines, Elzéard Bouffier –
Pasteur silencieux et semeur de forêts. »

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