Archipel

A l’autre bout du monde – à peine quelques milles –
La Terre défait d’un coup un très beau collier d’îles –
Et l’Eau happe les rebords de cette ribambelle –
De sa croûte liquide – comme une huître rebelle.

La Terre se cambre alors comme un dos de baleine–
Bondit comme un dauphin qui veut perdre l’alène –
Submergeant aussitôt par l’onde rouge de chaque Être
Ceux qui voulaient manger sans jamais se repaître.

Les gens ont ressenti une vaste secousse –
Et les voici soudain qui se masquent et qui toussent –
Qui pleurent sur leur destin et leur fragilité –
En ce triste printemps qui annonce l’été.

Mais ce peuple aguerri est serein dans ses larmes –
Et c’est bien là, au fond, qu’il retrouve toute son Âme.

Un haïku pour mon amie Aïko :

Un Jardin – en somme –
Pas à pas – dans les vapeurs
Des Embruns – d’atomes.

Hand in Hand: a poem for Walter and Lea

When Life is far too sour – down Here –
Whilst someone – yet another Dear –
Is almost There –
All Tears well up and merge
Into the common Surge
Of a life-giving Spring.
But Souls will keep singing
In Memphis, Tennessee –
Or in Boston, you see.

A Hand grips another Hand –
A Heart, another Heart –
Like two turtledoves.
Two great Souls in a trance –
Cheek to Cheek –
In the amorous dance
Of their Love at a glance –
Today and Here –
Tomorrow and There.

Any crucial questions –
Queries or suggestions?

« Love is the Answer. »
So sings Barbra, Sir.
Dear Madame, the Singer is right
For in her words nothing is trite:
« All You give is all You get. »

In today’s dire Adversity –
Two turtledoves hang together:
He is Walter and She is Lea.
The true, conjugated Answer.

Petits poèmes idiots. Et rien à manger.

Manger du poisson rend-il intelligent ?
Non ! Mille fois non !
Au milieu de la Chair phosphorée
Il y a toujours l’arête –
Qui vagabonde d’abord et qui s’accroche ensuite
Au milieu du gosier.
__________________

C’est un livre à signer –
Quelques lignes prétentieuses
Que très peu veulent lire.
Les autres sont paresseux, sans doute incurieux –
Généreux pour eux seuls :
Quelques pièces, rendez-vous compte !
Pour un livre, quelques pages, quelques lignes ?
Allons donc !
Mais tout de même ils félicitent l’Auteur
D’un sourire aussi ouvert
Qu’un portefeuille scellé.

Ils gardent pour les pauvres une pièce pour manger.
On ne sait jamais : le bougre a peut-être faim.
Peut-être, sait-on jamais.
Avec ces deux ou trois pièces –
Si le pauvre est absent –
Les généreux en herbe se paieront un café.

L’éditeur est muet et se terre comme une pomme
Sous sa presse, ses tombereaux de papier
Et toutes ses bouteilles d’encre.
Les mots s’échapperont-ils un jour
Des amas reliés ?

__________________

Pour comprendre un Elève (si tant est qu’on le puisse)
Il faut le contempler comme on admire, par exemple,
Une tête de Picasso –
Où la face et le profil – tous deux dans un même mouvement –
Une seule virevolte –
En une seule dimension apparemment fantasque, difforme et laide –
Offrent au regard instruit la clé d’un beau mystère.
Pour aimer un Elève
Il faut cet Œil qui peut tout regarder –
Sans ciller !
Car une bouche trop grande, trop ouverte, trop sonore
Est la preuve que l’œil n’est rien d’autre qu’un judas
Prêt à tout avaler avant de déguster.
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Au Paradis –
Il n’y a ni cake aux lardons
Ni pumpkin pie
Ni saumon
Ni bœuf bourguignon
Ni tortillas de patatas
Ni nid d’hirondelles (ni ni, avez-vous bien noté ?)
Ni pizza
Ni bastela – nulle part –
Ni champignons
Ni airelles
Ni serpents.
Tout juste une petite langue fourchue
Hérissée d’innombrables papilles –
Que tout le monde comprend –
Quand les hères fourmillent.
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J’ai fait un rave
Rien de commun avec le céleri –
Rassurez-vous !
Je parle d’une solitude où l’on rit tout seul
En anglais –
Où l’on dîne comme un Suisse.
Du délire, un poing c’est tout !

On se voit caresser un très joli toutou –
Ou tondre un gros mouton sur une mer démontée –
Déconstruite –
A la cime d’un arbre qu’on va déraciner.
Dingue, n’est-ce pas ?
Fumé-je une herbe bizarre ou bien écris-je ?
Peut-être les deux à la fois.

Au lecteur non averti :
Raté, je n’ai que tabac et encre
Rien de plus, rien de moins
Qu’une goutte d’alcool sortie d’un même flacon.
A l’Autre,
Non, rien de tout cela, vraiment, sois tranquille !
Je suis bien enrhumé –
Tout torché de mouchoirs en papier
Qui vont tous s’embraser.

Allongeons-nous alors – si la chose reste à faire –
Pour mieux vomir, cracher ce délicieux bouillon –
Fait de pilules amères et de choses éphémères
Qui doivent être avalées dans un grand tourbillon.

Retourné comme une crêpe –
Projeté à nouveau dans la réalité
Comme une mouche au plafond –
Je m’en vais – mollissant et tombant
Comme certaine montre –
Cueillir de jolis cèpes
Tout seul dans la forêt.

Battus dans mes œufs conjugués,
Les champignons mariés à du jaune et du blanc
Feront dans des couleurs d’automne
Sur la langue – une omelette
Baveuse.

Je vous embrasse –
Comme du bon pain.
Vous qui êtes lasse,
Allez au bain !

Je rendrai à Dalí son joli parapluie
Tout noir, avec toutes ses baleines !
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Je n’ai bu que des gouttes du doux breuvage trop fort
On m’a dit « vas-y donc, enivre-toi encore ! »
Me voici seul sur la route
Accidentée.

Derrière le pare-brise –
Et comme je fends la bise –
Tombe le voile embué d’un énorme nuage.
Puis se jettent vers moi d’innombrables virages.
Je les prends un à un
Et me courbe devant eux.
Je serre alors ce volant effréné
Qui me tourne sans fin.

Après toutes les petites bouteilles –
Et quelques bouchons au sortir de la ville –
Voici venir de gros tonneaux.
J’aurais sans doute dû faire ceinture –
Par sécurité.

Mon véhicule et moi sommes tout retournés
Dans un lac, un étang ou la mer, qui sait.
J’aimerais bien la mer – pour un café salé.
Le constat est vite fait :
La voiture est forfait.
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Je vous étonne ?
Je mets dans mon fatras ce qui passe par ma tête –
Comme c’est le cas pour tous les génies –
Y compris ceux qui n’ont jamais rien su.

Les génies.
Je parle de ceux, bien sûr, qui sortent des lampes
Et y retournent en se hâtant dès qu’ils le peuvent.
Je ne parle pas d’Einstein et d’autres monstres
Ou de leurs équations :
Je hais ce qui est égal.
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J’avais envie de crêpes.

Dans un puits de farine je versai trois œufs frais
Une pincée de sel
Trois gouttes de beurre fondu –
Comme moi –
De la bière et du lait.

J’oubliais : quelques grammes de sucre vanillé.

Je formai des galettes
Dans une poêle chaude
Et les avalai toutes –
Aussitôt –
Après m’être retourné.

Qu’il est doux, de temps en temps,
De se sucrer un peu !

Gay, gay, marions-les !

Ce 28 janvier 2011, le Conseil Constitutionnel déclare que l’interdiction du mariage entre personnes de même sexe est bel et bien constitutionnel. Je propose que cette vénérable institution change de nom et soit dès aujourd’hui dénommée « Concile constitutionnel » ! Il appartient désormais à nos valeureux députés de faire une loi pour que la France, championne auto-proclamée des droits de l’Homme, s’aligne sur les sept pays européens qui reconnaissent aux couples homosexuels les mêmes droits qu’à leurs homologues hétéros.

En France, Hélène Mandroux, Maire de Montpellier prend son courage à deux mains. Bravo Madame !

Un grand bravo aussi à Barbara Bush , fille de W.

Holbrooke ou l’art d’entendre l’Autre

Plus intéressante pour moi que les recettes de cuisine, les comptes rendus de soirées alcoolisées ou les trips du web 2.0 qui foisonnent sur Facebook, voici une réflexion sur le monde tel qu’il va et devrait aller. Vous connaissez Richard Holbrooke ? Non ? Alors, par curiosité, allez faire un tour sur le site de Slate ! Great minds think alike, a-t-on coutume de dire, sans doute avec raison.

Il a neigé sur l’Ile-de-France

9 décembre 2010

Français de province et citoyens du monde, oyez, oyez ! Il a neigé sur l’Ile-de-France. Oui, vraiment, je vous le dis, vous le répète, vous l’enfonce dans le crâne, vous assomme de cette nouvelle capitale, de cette fin du monde : hier, il a neigé sur Paris et tout autour. Cette neige lourde, imprévue et maudite a bloqué les automobilistes franciliens et, de ce fait, a gommé dans son blanc manteau tout ce qui se passe ailleurs, partout dans le monde.

France Info, comme tous les médias parisiens (nationaux), nous gave jusqu’à la nausée de ces quelques centimètres de neige tombés hier sur la région capitale !

Je compatis avec tous ceux qui ont dû passer la nuit dans leur voiture, sur le bord de la route ou dans la file de gauche, et avec ceux qui s’agglutinent comme des abeilles ou des vers à Roissy-Charles-de-Gaulle (un aéroport déjà insupportable en temps ordinaire) comme sur les périphs (aussi affreux que Roissy en des temps tout aussi banals). Et je n’oublie surtout pas, aujourd’hui, la N118, où des journalistes spécialement dépêchés nous donnent en temps réel un état de la circulation !

Franchement, il y a plus important, plus grave, et surtout plus intéressant que ces flocons bloquants sur les routes et les pistes de cette petite région du nord de la France ! Mais sans doute ai-je tort : il ne se passe peut-être rien de plus important ailleurs en France et dans le vaste monde…

Vivement que la neige fonde à Paris ! Et vivement qu’il neige à gros flocons sur Marseille ! Nous verrons bien alors comment sont traités de si graves sujets.

Je rigole.

Bulletin météo Marseille, 9 décembre 2010 : 13°C, ciel bleu. Ras-le-bol de la neige et du verglas parisiens? Ecoutez donc Radio Classique (100.9 à Marseille) !

My first book (mon premier livre)

Mon premier recueil de poèmes et nouvelles, « Poèmes longs & Histoires courtes », est paru chez Edilivre. Il est également disponible sur Alapage et RueDuCommerce.

Voici ce que dit de mes textes Thomas Biedermann, ancien élève de l’Ecole Centrale de Marseille et illustrateur de mon recueil :

Les textes de Thierry Kakouridis ont le don de faire crisser les cigales dans la jungle nocturne de Los Angeles quand je les lis. Ses mots conjurent des odeurs de sous-bois détrempé par la pluie dans le Massif Central, la caresse du soleil provençal au cours d’un pique-nique ou le leitmotiv des rouleaux s’écrasant sur une plage. Tous ces souvenirs, tous ces rêves ordinaires et quotidiens, toutes ces petites lâchetés et ces petits problèmes que l’on rappelle parfois à sa mémoire avec tendresse, je les retrouve quand je me perds dans sa prose ou ses vers emplis d’une douce fureur. Le temps d’un vers ou d’une page, d’un coup de pinceau ou d’une aquarelle.

En vous souhaitant de trouver autant de plaisir que moi dans sa lecture !

Thomas Biedermann

Un autre témoignage :

Your beautiful book arrived and I appreciate so much your sending it to us. I am a physicist – I understand equations but I don’t claim to know anything about poetry- but I know when just a few words reach the heart. For me , that is poetry , and that is what you have done. Your poem , « Grandma », has had a profound effect on me- it is relevant in ways you could not have known when you wrote it. My mother, who is 90, is at the end of her life. The doctor says she has two weeks to live. I have read « Grandma » many times – it brings tears to my eyes – you have captured a wonderful series of human emotions. I loved the train station reference – for some reason it made me happy – it was magical and reminded me of the Harry Potter book where the train went through the barrier 9 3/4 and into another world. People need magic when dealing with adversity. You provided that for me.

Walter J., Boston (USA)

Regrets éternels

A Pablo Picasso

Je voulus un beau jour rendre un très bel hommage

A un immense Peintre

Aussi maigre qu’un cintre –
Tout chauve et tout tordu comme ses pauvres congénères –
Penché sur tout le Monde et sur une Vie entière –
Dans une vision jetée avec force pinceaux
Sur un support cloué sans cadre ni tasseau.

Ecrire un beau poème.
C’était là tout mon rêve –
Comme la graine que l’on sème
Et qui jamais ne crève –
Qui s’enracine et croît –
Et qu’on n’arrache pas.

Je voulais illustrer – en incise minuscule –
Par la reproduction d’une célèbre Toile –
L’horreur, la cruauté, l’immonde, le ridicule –
L’effroi et puis enfin – une chute d’étoiles.

Les enfants de Pablo
Ayant droit au Tableau –
Tous plantés comme des arbres –
Comme des statues vissées sur leur belle fondation –
Firent injure à mon marbre,
A mes vers, à mes larmes – à ma Constellation :
Ils exigèrent de moi quelques menus talents
Et posèrent maints obstacles pour financer leur plan.

Le Peintre est désormais quelques grains de Poussière.
Mais à Son Chevalet, ses enfants en prière,
Les yeux levés au ciel, de face comme de profil –
Dans toute tire-lire voient une jolie sébile.
Sur des genoux meurtris par la dalle en ciment –
Ils prient pour que les Cendres soient toujours des Pigments.

Pour eux la vie est rose et le ciel toujours bleu –
Quand se pressent aussi – toutes à la queue leu leu –
Devant la dernière Œuvre à deux pas de Palette –
Pas très loin d’un château mais loin des Demoiselles –
Des Ames émues et pures qui verront toutes le Maître
Envoyer très bientôt l’héritier à la pelle.

Tout cela, sachez-le, est un bien grand dommage !

23 septembre 2010 à Marseille

22 000 manifestants à Marseille contre la réforme des retraites à la sauce Woerth selon la police. 220 000 selon les syndicats. Querelle de chiffres, comme d’habitude, sauf qu’à Marseille on va du simple au décuple ! Sur France Info ce matin : peuchère, c’est la sardine qui va boucher le port ! On exagèèèèèère à Marseille ; on galèèèèèèège !

Moi, j’aime beaucoup France Info quand ils sont en grève : il y a de la musique et, surtout, plus de foot du tout ! Ces matchs idiots d’un sport débile, retransmis en direct et en différé, encore et encore ; ces commentaires de journalistes braillards, de joueurs et d’entraîneurs qui n’ont rien dans le ciboulot et parlent français comme je parle chinois. Tout cela me donne la nausée. A propos, Thierry Henry vient de se payer un triplex à New York pour la bagatelle de 15 millions de dollars. Je vais me shooter !

Retraites : longueur de carrière et pénibilité !

Comme d’habitude, il est des catégories de professions dont la droite, la gauche, le centre et les syndicats font fi dans ce débat sur la réforme des retraites. Les enseignants, dont je suis, font partie de ces catégories.

Parlons de longueur de carrière, pour commencer : comme mes collègues professeurs, j’ai fait des études longues. Donc, si je comprends bien, je n’aurais pas commencé à travailler très tôt. Faire des études, préparer un concours (l’agrégation pour ce qui me concerne), tout cela ne vaut pas grand-chose comparé au labeur d’un maçon ou d’un boulanger qui a démarré dans la vie active à l’âge de 16 ans. Bref, je me serais tourné les pouces pendant mes 6 années d’études qui, bien entendu, ne seront pas comptées dans le calcul de mes annuités ! Pas plus que les milliers d’heures de réflexion torturée qui précédèrent et suivirent ma réussite au concours, dans le secret de mon bureau et de mes nuits agitées. Car figurez-vous que je pense et construis mes cours aussi sur mon oreiller, souvent vers trois du matin, lorsque (presque) tout le monde dort ! Eh oui, il m’arrive fréquemment de travailler en fixant le plafond de ma chambre, aussi noir qu’un tableau sans craie !

Poursuivons, maintenant, sur la pénibilité, dont il a déjà été dit quelques mots (en effet, il peut être assez pénible de penser à ses élèves à trois heures du matin) ! Aux yeux des responsables politiques et syndicaux de tous bords, la pénibilité est – comment dire – un concept physique lié à la sollicitation obligatoire et prolongée de forces musculaires en terrain hostile et à des heures impossibles. Ne sont donc pénibles que le levage de parpaings et le travail en plein soleil ou dans la neige, les escarbilles dans l’œil des cheminots et, bien entendu, les débats aussi interminables que futiles dans certains hémicycles, salles de conseil municipal, salons de l’agriculture ou autres, etc. Les inaugurations de monuments aux morts, de bibliothèques, de stations d’épuration, de lignes de tramway, etc. et les buffets qui les suivent nécessairement entrent également dans la catégorie des travaux pénibles. A tous ces ardents travailleurs et à quelques autres, point de problème de retraite, qu’on se le dise !

Et moi ? Et vous ?

Depuis 1985, je fais cours debout, des heures durant. Et si ma flamme vient à vaciller, c’est tout le cours qui est fichu car un professeur est comme un chef d’orchestre : plus de chef, plus d’orchestre, plus de musique, plus rien ! Mes cours durent 2 heures et il y en a plusieurs dans une seule journée. Ai-je le droit d’avoir mal à la tête, d’être fatigué, de ne pas faire semblant d’être au mieux de ma forme ? Bien sûr que non ! Parce que je suis un prof, mon métier n’est ni difficile ni pénible ! Il est certainement moins dur, en tout cas, que celui d’un conducteur de TGV qui bénéficie, comme beaucoup d’autres, d’un régime très spécial bien que, pour ce qui le concerne, les escarbilles et le pelletage du charbon dans les chaudières ne soient plus son lot quotidien ! Allons bon, je verse ici dans un populisme abject et m’offre en pâture à des travailleurs offusqués, qui trouveront mon amertume et mon agacement plus pénibles encore que leur très dur métier.

Je suis entré dans l’Education nationale un peu comme on entre dans les ordres, par vocation, à l’âge de 25 ans. J’ai eu l’heur, il est vrai, d’avoir la vocation. J’ai 50 ans aujourd’hui. Mon métier me plaît beaucoup mais je ne suis pas certain que j’aurai encore assez de neurones et de muscles pour l’exercer efficacement jusqu’à 65 ans. Que voulez-vous, tout le monde n’est pas Claude Levi-Strauss, Michel Serres, Claude Hagège, Michel Bouquet ou Jean d’Ormesson, pour ne citer qu’eux. Et vous ?

Bon, je retourne au charbon, pardonnez-moi, en attendant de souffler encore sur les braises. Je n’ai pas assez souffert, entendez-vous bien ? Et surtout pas assez longtemps !