On peut penser et dire ce qu’on veut, Sarko n’est pas bon ! Je ne parle pas ici de sa politique économique ou sociale. Je parle de quelque chose que je crois connaître, à savoir les langues et la communication interculturelle. Notre président ne parle aucune langue étrangère, pas même la sienne, le français, qu’il massacre tant et plus dès qu’il ne lit pas un discours de Guaino ! Ca m’énerve, ça m’exaspère, ça me rend fou !
A la reine d’Angleterre qui, soit dit en passant, parle un français impeccable, notre président aurait dit en s’extasiant devant le faste de la Couronne : « It’s magnifical! » A Angela Merkel, il aurait récité en allemand, sans comprendre un traître mot de sa phrase toute faite, « Wir sind Brühe, wir sind Berlin ! » Eh oui, nous, Français et Allemands, sommes de la soupe, du bouillon ! On voulait simplement lui faire dire : « Wir sind Brüder », c’est-à-dire nous sommes frères. Mais où était donc Carla-Sissi ? Et Tomatis, le Mozart-thérapeute ?
novembre 22nd, 2009 in
Humeur |
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Je viens de découvrir Gurrumul : une voix magique et suave portée par quelques notes sur une guitare. On peut ne pas voir (Gurrumul est aveugle de naissance) mais on peut tout de même regarder, sentir, éprouver ! Même si vous avez des yeux pour voir, fermez-les pour écouter et comprendre l’Autre !
novembre 19th, 2009 in
Coups de coeur |
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Le film 2012 a beaucoup de succès. C’est à croire que tous ceux qui vont le voir attendent Armageddon ! Et ils s’en réjouissent ! Ils y croient dur comme fer ! La fin du monde est proche, affirment-ils, elle arrive ; elle est là ! Face aux foules qui se précipitent pour voir l’événement terminal sur grand écran, la NASA s’est crue obligée de se fendre d’un communiqué. Je propose, pour les plus craintifs d’entre nous, un message vidéo réconfortant (en anglais) de David Morrison, chercheur à la NASA. No threat! (Rien à craindre !)
Une chose est sûre toutefois, qui n’a rien de rassurant : d’après d’éminents astro-physiciens, un astéroïde se dirige vers notre Terre, qu’il pourra percuter en 2036 (en avril précisément). Il y a cependant une chance sur 45 000 que le choc se produise. Quand on sait qu’il y a une chance sur 93 000 000 de gagner à l’Euromillions, nous voilà rassurés ! Ceux qui jouent ne savent pas ce qu’ils perdent à jouer pour gagner ce qu’ils n’auront pas le temps de dépenser avant 2036 ! En 2036, si j’existe encore, j’aurai, voyons… 76 ans !
Admettons, hélas, que la fin du monde ait bien lieu en 2012, c’est-à-dire dans deux ans à peu près, soit 24 ans à peine avant 2036. Mieux vaut prendre alors quelques résolutions immédiates. Les miennes sont simples comme bonjour (ou comme adieu !) :
- Je ne prépare plus mes cours (et je me fous enfin de ne pas pouvoir utiliser ce p… d’ordinateur pro et ce p… de projecteur au plafond : ils n’ont jamais fonctionné de toute manière).
- Je ne souffre plus d’hypocondrie.
- Je ne joue plus au loto.
- Je ne donne plus rien aux pauvres et aux indigents : je me fous du monde entier.
- J’achète une maison et un gros 4×4 polluant que je ne rembourserai jamais à la banque.
- Je mange, bois et fume tant et plus, sans compter.
- Je dors quand je veux, si je veux, où je veux.
- Je ne vote plus.
- Je dis du mal de qui je veux sans retenue.
- Je me paye un voyage au bout du monde dans un A380 piloté par un kamikaze qui n’a pas encore envie de mourir.
Non, c’est une blague… J’attends 2036 !
novembre 16th, 2009 in
Humeur |
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Il entendait faire tomber la République avec ses soi-disant révélations sur la vente d’armes à l’Angola ! Chirac, Villepin, de Charette, etc., tout le monde devait y passer. On allait voir ce qu’on allait voir !
Le vieux bonhomme usé a sorti comme seule arme un document déclassifié. A mon avis, mieux vaut pour son honneur (si tant est qu’il en ait jamais eu) une année ferme derrière les barreaux qu’une heure molle devant la presse ! Et le vieux sénateur, protégé par une immunité anti-républicaine, attend que le temps passe. Bien vu, Monsieur le Sénateur ! Alors je trinque votre sa santé : pastis pour tout le monde… et un Pschitt pour vous ! Ou alors un petit canon ?
novembre 13th, 2009 in
Humeur |
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11 novembre 2009
1) Les sondages de l’Elysée : 2 millions d’Euros cette année, 3 millions l’année dernière. Pour sonder les Français, leur humeur, leur vote futur et que sais-je encore… Les sondeurs, on le sait, sont souvent très proches de NS. L’un d’eux aurait présenté au Château une facture de 1,5 millions ! Et tout ça aux frais du contribuable ! Le président de l’Assemblée nationale, pourtant un fidèle de l’UMP, n’a rien contre la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur ces frasques, relevées par la Cour des comptes. Le président du groupe UMP à l’Assemblée, JF Copé, s’offusque qu’une telle commission puisse être créée car, affirme-t-il, elle serait anticonstitutionnelle. Pfff… A côté de la plaque, comme souvent !
J’aimerais tant que les quelques milliers d’euros que je verse au fisc servent à autre chose qu’à ces sondages (5 millions d’Euros en deux ans !), à la douche présidentielle (245 000 Euros !) et à toutes ces obscénités élyséennes (e.g. un dîner de gala au Grand Palais qui a coûté la bagatelle de 5050 Euros par convive) ! Des millions de Français crèvent la dalle (un certain secrétaire d’état, soudain apparu, s’en occupe, dit-on). La dette explose, le déficit public aussi (8% du PIB au lieu des 3% maximum exigés par le pacte de stabilité européen). Les comptes de la Sécu sont dans le rouge foncé. Et le président s’en fout : il dépense tant et plus aux frais de ses « chers compatriotes ». Le collier de la Reine, à côté, c’était de la rigolade !
2) Sur France Info, Bernard Pivot vient d’habiller Eric Raoult pour l’hiver. Suite aux déclarations du député sur le « devoir de réserve » auquel devrait s’astreindre tout lauréat du prix Goncourt (cf. l’interview donnée par Marie Ndiaye aux « Inrockuptibles« ), l’académicien n’y est pas allé par quatre chemins : M. Raoult ne connaît rien à la littérature et il a commis une bourde. Pensez donc ! Ca ne fait qu’un cafouillage de plus.
3) Ce 11 novembre, Angela Merkel assiste aux commémorations de la Grande Guerre à Paris. C’est une première. Nicolas Sarkozy entend ainsi célébrer la réconciliation de l’Allemagne et de la France. Naïvement, je croyais que les deux pays étaient réconciliés depuis belle lurette grâce à De Gaulle et Adenauer puis, un peu plus tard, par Giscard et Schmidt, puis par Mitterrand et Kohl, puis encore un peu plus tard par Chirac et Schröder. Je me pose alors la question : cette énième réconciliation ne pourrait-elle pas semer le doute sur la solidité et la sincérité de l’amitié franco-allemande ? Faut-il donc se réconcilier tout le temps pour faire la paix et être amis ? Enfin… il paraît qu’entre Sarkozy et Merkel, ça kohl mieux aujourd’hui… UHU ! Et Tagada Tsoin Tsoin…
Comme beaucoup, je ne m’offusque pas qu’on nous demande ce qu’être français signifie. Après tout, n’est-il pas utile à tout peuple de savoir à tout moment ce qui fait qu’il est un seul et même peuple ? Que de ce fait il est unique ? Aux Etats-Unis, par exemple, l’identité est au centre de tout discours politique et de toute conscience citoyenne. J-F. Kennedy, en 1946, alors qu’il n’était que candidat au Sénat, fit une déclaration majeure sur « Quelques éléments du caractère américain » (les éléments religieux, idéaliste, patriotique et individualiste). Bill Clinton, dans son premier discours d’investiture en 1993 déclarait ceci : « Chaque génération d’Américains se doit de définir ce qu’être américain signifie ». Barack Obama a répété le même message en d’autres termes (tout aussi éloquents) avant et après son élection. Il y a fort à parier que ses successeurs feront de même.
On pourra arguer ici et là, sans doute avec raison, que Monsieur Besson a lancé le débat sur l’identité nationale fort opportunément à l’approche des élections régionales. C’est mesquin, soit, et détestable, comme l’est au demeurant son ministère qui, associant avec autant de fourberie que d’imprudence immigration et identité nationale, fausse aussitôt un débat qu’on voudrait « démocratique ». Passons !
Identité nationale donc. Sait-on au moins ce qu’est l’identité, ce que signifie ce mot ou, pour mieux dire, ce concept ? Comme le suggère fort bien Alain Rémond dans sa chronique (Marianne N° 654), avec un humour et une ironie qui ne masquent pas le sérieux de son propos, chacun peut définir son « identité » comme il le souhaite : je suis « corse » ou « breton » ou « alsacien » avant tout, ou bien « socialiste », « noir », « catholique », « gay », etc. Ou bien encore « breton, noir, catholique et gay ». Faut-il donc absolument se définir aussi comme « français » ? Et si d’aventure on préférait se définir comme « européen » ? Ou alors, tout bêtement, comme « citoyen du monde » ? Ou tout simplement comme personne ? Restons sérieux ! Et modestes ! Oui, qu’on soit noir, blanc, musulman, catholique, gay ou hétéro, riche ou pauvre, on peut – on doit – être français aussi ! Aussi et surtout ! Il le faut pour vivre et s’épanouir en tant que personne, avec les autres, au milieu d’eux, loin de tout communautarisme, qui est source de mépris et de haine, d’exclusion, de division, d’éclatement, voire d’explosion. Regardez le Royaune-Uni, où les gens vivent côte à côte sans se parler ni se voir ; où seul le mépris de l’autre vous protège de sa haine. Je sais, je m’égare peut-être : restons français !
Comme tout Français (ou presque), j’ai une « carte nationale d’identité », qui n’est pas encore une « carte d’identité nationale ». Bref, ma photo en noir et blanc (sans lunettes), ma taille, mes date et lieu de naissance, sans oublier mon sexe. Telle n’est pas, loin s’en faut, mon identité, que je définirais autrement et de manière plus subjective : je suis avant tout ce que je veux être et ce que les autres, crois-je, devraient savoir ou percevoir de moi ! Disons que mon identité revêt une certaine complexité que ne rendra jamais une carte plastifiée, moins encore un quelconque fichier de type Edvige.
Je l’admets, JE suis français avant tout. Je suis peut-être un Français qui sait qu’il est français et qui se demande pourquoi il l’est… et le demeure. Je m’interroge. Cogito ergo sum. C’est cartésien, donc c’est français ! Mais je me soigne.
Mon père est né grec, d’un père chypriote orthodoxe et d’une mère marocaine juive. Ma mère (ouf !) est française jusqu’au bout du béret depuis des générations, bien que née au Maroc, d’une mère nîmoise et d’un père lorrain : l’honneur est sauf ! C’est, notez au passage, le fait qu’elle a vécu au Maroc au moment opportun qui fait qu’elle a connu mon père et que je suis né. Quand on aime, on ne se pose pas nécessairement la question de l’identité : une jeune Française pure souche, tombée follement amoureuse d’un métèque, pouvait-elle se poser la question ? Ces amours ont failli mal tourner, ma mère refusant d’abandonner son amoureux au chantage d’un père franchouillard, qui jouait la Marseillaise dès que le promis franchissait son seuil (de tolérance). Après maints démêlés, le mariage eut enfin lieu, en bonne et due forme, au consulat de France à Casablanca. Where else? Passons !
Conquis par l’idée de la France et le projet de tous nous y installer un jour, mon père décida à ma naissance, sans me demander mon avis (évidemment), que je serais français ; que je n’aurais donc pas le choix, à ma majorité, d’opter pour la nationalité grecque ou française. Je serais donc français, un point c’est tout ! Et catholique romain de surcroît ! Il faut dire que c’était déjà la religion de mon père qui, né dans un bled de l’Atlas marocain où il n’y avait ni pope ni rabbin, fut baptisé par un prêtre, le seul homme d’église dans les parages. De ce fait, mon père fut élevé dans la foi catholique, nonobstant celle de ses parents chéris, ce qui sans doute aida à ne pas entraver davantage son futur mariage.
Nous sommes venus en France lorsque j’avais cinq ans (j’en ai presque cinquante aujourd’hui), avec mes frères cadets, français eux aussi dès leur naissance pour les mêmes raisons que celles évoquées ci-dessus. C’est alors, naturellement (!), que mon père demanda sa naturalisation, qu’il finit par obtenir dans les années 70 après deux ou trois tentatives infructueuses. Enfin il prit sa carte, si j’ose dire. Nous étions donc enfin tous français, Papa comme les autres ! Cependant, à chaque demande de renouvellement de ma « carte nationale d’identité », il me faut encore prouver que mon père est bien français et que je n’usurpe pas mon « identité ». Fort heureusement, le sage a conservé l’original de son décret de naturalisation, sans lequel je serais sans doute apatride aujourd’hui. Aux dernières nouvelles, nous serions des centaines de milliers dans ce cas. Comme chantait Barbara, « il pleut sur Nantes ». Comprendra qui pourra ! C’est juste une histoire d’état civil.
J’ai eu la chance d’aller à l’école puis de faire de longues études. Je suis professeur. Comme tout intellectuel, je m’interroge, je réfléchis, et fais autant de cauchemars que de rêves, républicains pour la plupart en ces temps troublés. Hélas, ce n’est pas chose facile, plus aisée cependant que de devoir compter ses sous à la fin du mois sans pouvoir se payer le luxe de réfléchir à son identité de Français… Vous m’avez compris : réfléchir à la francité (ou francitude ?) est un luxe que tout le monde ne peut malheureusement pas se permettre ! Passons encore !
Qu’est-ce qu’être français, donc (pour celles et ceux que la chose pourrait intéresser) ? C’est en ces termes, je crois, que la question nous est posée par Monsieur Besson, à un moment dont il serait utile de rappeler la douteuse opportunité – et le non moins douteux opportunisme. Eh bien, pour ce qui me concerne, être français, c’est adhérer mordicus à des valeurs (républicaines), à une histoire (plus ou moins glorieuse) et à une langue (vecteur de cohésion indispensable, à l’écrit comme à l’oral). La liste est courte, certes, mais on peut la décliner comme une identité. Encore faudrait-il que chaque Français sache de quelles valeurs il s’agit, de quelle histoire, et peut-être aussi de quelle langue, pour éviter que toutes ne déclinent et ne sombrent.
LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE. C’est aussi court que ma pauvre liste à moi. Rien à ajouter pourtant. Tout est dit. C’est comme BLEU BLANC ROUGE ou THESE ANTITHESE SYNTHESE ! Et la laïcité ? me rétorquera-t-on. Et la solidarité ? Et l’Ecole pour tous ? Et la Démocratie ? Et le panier de la ménagère ? Et la voiture de mon oncle ? Tout ceci se fonde et s’exprime naturellement dans nos trois valeurs fondamentales (et universelles ?), qui sont aujourd’hui malmenées par ceux qui, au sommet de l’Etat, sont pourtant censés les promouvoir et les défendre ! Des exemples ? Tenez-vous au courant de l’actualité ! Cela fait plus de deux ans que dure l’escroquerie !
Et puis il y a la terre qui accueille les hommes qui croient en ses promesses ; un lieu où tout n’est pas permis mais où nous sommes invités à vivre tous ensemble, cimentés par l’idée qu’une nation n’est pas – ne doit pas être – comme disait je-ne-sais-plus-qui, un groupe de personnes rassemblées par erreur sur un même territoire ! La terre, ce sol qu’on bénit et que l’on remercie. Le nôtre refoule déjà comme un égout. Douce France…
Il y a débat, eh oui, avec en toile de fond, si l’on peut dire, la burqa. Je me suis exprimé sur divers forums contre le port de ce vêtement, non pas seulement parce qu’il porte atteinte aux droits et à la dignité des femmes (ce qui est en soit insupportable), mais parce qu’il manifeste le refus de ce vivre ensemble qui est le seul moyen de souder un peuple. Je souffre que ces fantômes vivent parmi nous, sur le sol de notre République, en arborant hypocritement, fallacieusement et avec arrogance leur « carte nationale d’identité ». Car leur identité est ailleurs, par leur faute comme par la nôtre aussi, bien sûr.
Pour finir, je propose que soit médité ce court extrait d’un discours du président américain Theodore Roosevelt. Bien qu’il date de 1915 et qu’il s’adresse aux citoyens américains, nous devrions tous le reprendre à notre compte tant il est universel et intemporel. Je vous le livre dans le texte : « There is no room in this country for hyphenated Americanism. When I refer to hyphenated Americans, I do not refer to naturalized Americans, Americans born abroad. But a hyphenated American is not an American at all. This is just as true of the man who puts ‘native’ before the hyphen as of the man who puts German or Irish or English or French before the hyphen. Americanism is a matter of the spirit and of the soul. »
CQFD.
- Nom : Kakouridis
- Prénom : Thierry
- Date et lieu de naissance : 28 mai 1960 à Casablanca (Maroc)
- Sexe : masculin
- Taille : 1,78m
- Couleur des yeux : marron
- Signes distinctifs : port de lunettes, œil torve et mauvais esprit
- Nationalité : française (what else?)
Un ancien président, âgé de 76 ans, est renvoyé en correctionnelle. Il a peut-être commis des fautes. Tout de même, après Clearstream et l’ »Angolagate », cela fait désordre. Et le monde entier pouffe de rire à nos dépens. Ajoutons que la Cour des comptes vient d’épingler l’Elysée pour ses dépenses somptuaires lors de la présidence française de l’Union européenne. Pour mémoire, le repas de gala offert aux hôtes de la France au Grand Palais (par le contribuable français) a coûté la bagatelle de 5050 Euros… par convive ! Question : quel était le menu ? Notre président à tous aurait également fait installer une douche (!?) pour la modique somme de… 245 000 Euros. On rêve ! Décidément, la France n’a plus aucune leçon de morale ou de démocratie à donner aux autres pays !
Et dire qu’il y a 220 ans, nous, Peuple de France, montrions l’exemple ; que De Gaulle, beaucoup plus tard, payait de ses deniers ses timbres et sa facture d’électricité perso… Nous n’avons plus de grands hommes. Il ne nous reste que deux ergots émoussés sur un tas de fumier, notre cynisme et notre colère pour le moment contenue. Et ces talonnettes, trop grandes ! Comme le costume !
Voici ce qu’écrivait au 19ème siècle Alexis de Tocqueville dans « De la démocratie en Amérique » :
« J’entends, par jugement politique, l’arrêt que prononce un corps politique momentanément revêtu du droit de juger.
Dans les gouvernements absolus, il est inutile de donner aux jugements des formes extraordinaires : le prince, au nom duquel on poursuit l’accusé, étant maître des tribunaux comme de tout le reste, n’a pas besoin de chercher de garantie ailleurs que dans l’idée qu’on a de sa puissance. La seule crainte qu’il puisse concevoir est qu’on ne garde même pas les apparences extérieures de la justice, et qu’on ne déshonore son autorité en voulant l’affermir ».
Vive la République, vive la France ! :-(
Richard Martin, directeur du théâtre Toursky à Marseille, a commencé une grève de la faim il y a 48 heures. C’est là son ultime protestation (après maintes pétitions) contre la diminution puis l’annulation de la subvention que versaient naguère au théâtre le ministère de la Culture et la DRAC PACA. A quoi sert une subvention ? Tout simplement à réduire le prix des billets et permettre ainsi au plus grand nombre de se cultiver et de grandir, de sortir de chez soi et découvrir, dehors, un monde intérieur nouveau. Assis dans des fauteuils en velours rouge, plongés dans le noir, tous partagent l’émotion que leur procurent la scène et le fait d’être ensemble. Le théâtre est culturel ; il est social aussi. Et magique !
Richard Martin a fait du Toursky un des meilleurs théâtres de la ville. Abonné depuis plusieurs années, je me félicite de sa formidable programmation ; et je le remercie, lui et toute son équipe, de permettre à tout un chacun, contre vents et marées, de voir et regarder, d’écouter et entendre, de penser et jouir !
Que reproche-t-on au juste à Richard Martin ? D’être un libre penseur, un libertaire, un « saltimbanque » comme il aime lui-même à se définir ? Et alors, n’est-ce pas là, quelque part, l’essence même de la culture et de la création ? Richard Martin ne crie-t-il pas aujourd’hui plus fort que jamais son Amour de cette Liberté à laquelle nous tenons tous, de cette Egalité d’accès à la culture, de cette Fraternité que traduit dans son théâtre le partage d’un grand moment, d’une très belle émotion ?
Son action aujourd’hui est politique, au sens originel et noble du mot. Elle est aussi hautement symbolique : Richard Martin a cessé d’alimenter son corps pour que nous puissions continuer de nourrir notre coeur, notre esprit et notre âme. Chapeau l’artiste ! Vous avez, Monsieur, en plus de ma profonde sympathie, mon admiration la plus grande !