L’actualité me déprime, disais-je ailleurs. Je suis rentré des Alpes ce soir par nécessité et y retournerai demain comme la limaille va à l’aimant.
J’ai lu et entendu ici et là certaines interventions officielles et autres faits divers qui, si j’ai bien compris, pourraient faire de l’automne une saison bien plus « chaude » que cet été torride. Est-ce possible ? Je ne parle pas du Tour de France (inintéressant pour moi, comme le tennis, le foot, le golf, etc., mais tellement distrayant pour d’autres), pas même de son rituel passage par mes très chères Alpes : alors que certains pédalent sous les applaudissements et les micros, beaucoup rament dans la même sueur mais sur d’autres pentes, plus silencieuses, plus anonymes et souvent bien plus dures.
Bref, l’actualité me déprime, alors je replie le journal et décide de n’allumer ni radio ni télé. Je fais l’autruche. Nous verrons bien dans quelques semaines, lorsque je sortirai la tête du sable. Qui sait, peut-être nous annoncera-t-on enfin une bonne nouvelle…
Nous sommes aujourd’hui le 14 juillet 2010. Voilà que, pour me divertir un peu, juché sur ma terrasse marseillaise, je vois le ciel noir tout pomponné de feux multicolores : ils ont tous la même forme ronde et s’ordonnent bêtement comme des boules sur un sapin de Noël artificiel. Pas la moindre guirlande, le moindre tourbillon, la moindre originalité : juste des couleurs qui s’éteignent, seconde après seconde, après avoir fait semblant d’embraser le ciel. Et ça dure, ça dure… d’interminables minutes dans une moiteur étouffante qui me précipite enfin derrière ma baie vitrée, sous le climatiseur. Pas très écologique, soit, je vous l’accorde, mais je m’en fiche ! La chaleur humide m’incommode ; elle m’empêche de rêver, de penser et d’écrire. Et surtout, surtout, elle m’interdit de dormir !
Vivement demain midi où je retrouverai, dans ma fraîcheur artificielle et la pénombre de mes persiennes baissées, un excellent ancien élève (un artiste !) qui a bien voulu illustrer mes textes. Nous déjeunerons avant de travailler. Je lui ai apporté des Alpes une tourte au saumon et aux poireaux, une aux herbes avec des lardons, ainsi qu’une tomme, des pêches et quelques abricots.
Vivement demain soir, aussi, où je reprendrai la route pour coucher dans le lit frais de ma maisonnette en montagne !
A bientôt. Je serai de retour à la mi-août. En attendant, je vous invite à savourer Schumann, interprété par le pianiste roumain Radu Lupu et/ou à lire le post suivant, un petit texte que m’a inspiré mon humeur du moment.
24 juin 2010
- Nicolas Sarkozy convoque des « états généraux du football » pour octobre : un énième Grenelle pour des ballons de baudruche !
- Combien de manifestants dans les rues aujourd’hui, alors que Nicolas Sarkozy, dans sa retraite élyséenne, reçoit Thierry Henry dans ses petites pompes ? Cramponnons-nous !
- Très peu de supporters (une poignée amère tout au plus) à l’aéroport du Bourget pour accueillir les Bleus, hors piste, qui ont viré au vert après avoir fait mine de rougir. Sans blague ! Je rave !
- J’écoute Radio Classique : ça me détend. Vous vous en foutez ? Soit. Mais en ces temps troublés, je préfère, comme toujours, l’éternel Mendelssohn, Berlioz, Rossini ou Schubert à l’éphémère vuvuzela !
Bonne journée !
Un citoyen ordinaire – très ordinaire – peut-il commenter l’actualité à sa manière sans risquer un procès ? Soyons prudents ! Si j’ai bien compris, il ne faut surtout pas citer de noms. Bon, je me lance.
O Tempora ! O Mores !
Cicéron
LA DAME ET LES OISEAUX
Une vieille Dame très très riche (riche à milliards) regarde un match de football à la télévision. Comme ceci est curieux, me direz-vous, alors que cette femme pourrait croître encore au milieu de ses livres innombrables, de ses tableaux incalculables et de ses bonnes actions !
Elle est toute seule, une âme en peine, dans son immense salon, grand comme Monaco, devant un écran aussi large que sa piscine à l’étage en-dessous et sa chambre juste au-dessus. Ne parlons pas de sa cave, moins encore de ses greniers à blé !
La vieille Dame est entourée d’oiseaux assez peu domestiques : des vautours, des corbeaux, des pies, un coucou, quelques autres volatiles. Elle a un mainate aussi, et puis un perroquet : les deux savent parler. Tous ces oiseaux sont aussi jaloux les uns que les autres de la place qui, croient-ils, leur revient normalement sur les genoux de la Dame, ou bien, pour les plus malicieux, sous les plis d’un manteau qui déborde de lingots. Les plus bêtes ont comme seule épargne un nid creusé sur l’épaule velouteuse de la Dame dorée : ceux-là n’obtiendront que des miettes et un petit baiser, peut-être, sur le bout d’un bon bec. A moins qu’ils aient compris qu’il vaut toujours bien mieux être très près de l’oreille…
Assez de jacasserie !
Pourquoi cette femme-là regarde-t-elle un match de football ? Cette étrange situation ne mérite-t-elle pas qu’on se pose enfin la question ? Voilà donc la réponse, du moins celle que je crois être la bonne, la vraie : le mainate chuchote à l’oreille bouchée de la riche Dame qu’il n’y a rien d’autre à la télévision. La pauvre, mise en plis, tient dans sa main tremblante, comme son bâton de rouge à lèvres, la télécommande du gigantesque écran. Mais le mainate, fine mouche, a retiré les piles pour faire bonne figure, la regarder de biais, et lui dire son faîte.
– « Hein ? Comment ? Quoi ? Qu’est-ce donc ? Rendez-moi donc mes piles, vilain petit moineau! Oh, petit coquin, piaffe-t-elle, vous me faites bien rire ! Hi, hi, hi, ha, ha, ha… huuuuuu ! Assez ! Assez ! Cessez de me chatouiller ! Non, surtout pas là ! » Le mainate a compris comment séduire la Dame : il faut être dans le cou.
La Dame, dans ses très beaux atours, entend ne jamais être décoiffée et moins encore froissée. On se marre, en effets ! Le perroquet lui montre qu’on peut être bien paré sans rien avoir sous son toupet. Il lui répète son unique message, perché sur son épaule, à quelques centimètres à peine de son beau son d’automne.
Pour faire cour(t), la vieille Dame très riche regarde par défaut ce game qui n’a pour elle pas le moindre intérêt. Elle en ignore toutes les règles. Entourée de tous ces oiseaux, elle voit voler une boule en attendant la coupe. Elle n’a pas d’autre choix que cet écran irisé où tout bouge sans arrêt et donne le vertige. Cette frénésie l’ennuie, la désole et l’effraye. Elle se morfond dans son fauteuil moelleux et se replie sur lui, la tête bien en arrière, comme pour un shampoing (ou le massage d’un cuir échevelé).
Elle tente alors de se distraire un peu en regardant d’un œil amusé cet objet fallacieux qui trône sur sa table de chevet (ou sa commode Louis XV) : un pouce levé, coulé en or massif. « Si seulement ce bidule pouvait servir à autre chose qu’à décorer ce beau meuble turpide… ou turgide… euh… Où est mon dictionnaire ? » se dit-elle tout d’un coup, instamment affolée. Ah oui, elle se rappelle soudain que ça finit par ide ou quelque chose comme ça. Idée ? Non ! Bona fide ? Toujours pas. Soudain vient le mot magique : Fidéicommis ! C’était donc ça ! Il y avait un id quelque part !
Le match se poursuit à la télévision, sans image nette ni son.
Posé sur l’épaule de la vieille endormie, qui brille de tous ses feux, diamants, rubis, émeraudes et autres pierres spécieuses, le mainate (encore lui !), attend son pot de vin et sa soupe en fusillant le coucou suisse d’un regard lascif et d’un bec aiguisé.
– « Oh, le vilain oiseau que voilà ! Va-t-en ! », lui dit la vieille Dame qui tente de regarder le match entre toutes ses mi-temps. « Non, au fond, tu peux rester ! Reste là, s’il te plaît ! » C’est ainsi qu’elle s’adresse au mainate empressé après que ses paupières se sont toutes décollées, un peu comme des photos dans un très vieil album.
Et voilà que le perroquet, un moment impassible, se met à caqueter : « quaraaaaaaante, quaraaaaaaante, quaraaaaaaante… » Face aux autres volatiles, il entend se mettre en valeur et faire, lui aussi, une bonne action. « Caqueter 40, en voilà une idée ! » se disent les vautours, qui attendent leur tour.
Un maître d’hôtel approche et tend à sa patronne un serviteur en argent massif, de bonne foi. Il apporte à la vieille Dame toute ceinte de plumes et de froufrous une coupe de champagne et, au fond d’une belle urne grise couleur de cendre, un cachet pétillant pour attendre la nuit.
La vieille Dame regarde toujours le match comme elle contemple sa coupe de ses yeux vides tout étoilés, et confond tout d’un coup l’urne avec quelque grand vase de Chine, sans doute un de ses Ming ! Elle y mettra des fleurs. Des narcisses. Ou alors des tournesols. Certainement pas des roses ! Moins encore des pivoines ! Elle perd un peu la boule (ou le nord), comme ses talons de chèques.
On apporte une carte à la Dame en nouant autour de son cou de poule une belle serviette brodée, aussi vaste qu’une nappe. Deux coins de cette toile lui font comme des oreilles au-dessus de la tête.
– « Ce soir, je ferai maigre : un bouillon suffira. Peut-être dégusterai-je un peu de ce poisson nordique qu’on appelle, je crois, lutefisk. Ou bien un sar en croûte de sel, ce sera plus cozy. Et puis peut-être aussi une moitié d’avocat, à la condition expresse que le fruit soit bien mûr, un peu marron. »
On sert enfin à la vieille Dame son repas commandé sous des cloches argentées. Il émane de ces plats un parfum volatil. Elle mange, elle boit, savoure quelques grammes de mets très raffinés. Because she’s worth it, comme on dit en anglais.
Une fois le festin terminé, la Dame part seule au lit, accompagnée de canes, en laissant flotter sur elle sa serviette dénouée comme ce “Vol de sorcières” de la fin XVIIIème. Plus deux ou trois perles à peine moins précieuses, tombées de son collier doucement arraché sans qu’elle s’en rendît compte.
La volière est furieuse. Tous les oiseaux se mangent dans la même cage ; ils se prennent le bec, se plument et se bouffent le croupion autour d’un beau pigeon. Affolés par le bruit conjugué du battage de leurs ailes (notamment d’un très vilain canard), ils tentent de partir tous, comme ils peuvent, à tire-d’aile. Puis ils se cognent aux grilles en abandonnant tous leurs œufs et leurs fientes dans du papier journal.
Seul, dans son coin, un pauvre coq anonyme, planté sur ses ergots atrophiés, regarde toute la scène sans pouvoir s’envoler. Il attend le matin pour pousser, enfin, un tout petit cocorico et fustiger, avant de mourir vainement dans une casserole, toutes les bêtes en cour.
PÔÔÔÔVRE FRANCE ! tente une dernière fois le coq avant que de se faire plumer.
Un canard, plein de malice et de compassion, demeure tout à côté du coq, dans la basse-cour, jusqu’à l’extrémité. Désormais, c’est lui qui chantera.
18 mai 2010
- Si l’Euro se déprécie, c’est que l’Europe n’a jamais eu de valeur.
- Lula à Madrid, c’est comme Etienne au Groenland : un pingouin comme les autres.
- Il ne faut retenir du mot « Chine » que la porcelaine, l’encre, les brocantes et… la poudre !
- Déni de grossesse = aérophagie. Bébé dans le congélateur = rôt
- Quand je prendrai ma retraite, j’aurai l’âge de mes artères.
- Diplomatie à la française. Cherchez l’intrus : Ali Vakili Rad, Shapour Bakhtiar, Clotilde Reiss

Extrait du discours du poète chilien Pablo Neruda à l’Académie Nobel (1971), suivi de son poème « El Poeta » .
Voilà enfin une réponse à ma question (en prose puis en vers), sans doute la plus belle qui soit pour moi parce qu’elle s’adresse à tous les poètes, à ceux qui se connaissent comme à ceux qui s’ignorent ; elle les émeut, les bouleverse et les réconforte. Avec l’amour et le sourire d’un pair !
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Yo no aprendí en los libros ninguna receta para la composición de un poema: y no dejaré impreso a mi vez ni siquiera un consejo, modo o estilo para que los nuevos poetas reciban de mí alguna gota de supuesta sabiduría. Si he narrado en este discurso ciertos sucesos del pasado, si he revivido un nunca olvidado relato en esta ocasión y en este sitio tan diferentes a lo acontecido, es porque en el curso de mi vida he encontrado siempre en alguna parte la aseveración necesaria, la fórmula que me aguardaba, no para endurecerse en mis palabras sino para explicarme a mí mismo.
En aquella larga jornada encontré las dosis necesarias a la formación del poema. Allí me fueron dadas las aportaciones de la tierra y del alma. Y pienso que la poesía es una acción pasajera o solemne en que entran por parejas medidas la soledad y la solidaridad, el sentimiento y la acción, la intimidad de uno mismo, la intimidad del hombre y la secreta revelación de la naturaleza. Y pienso con no menor fe que todo está sostenido – el hombre y su sombra, el hombre y su actitud, el hombre y su poesía – en una comunidad cada vez más extensa, en un ejercicio que integrará para siempre en nosotros la realidad y los sueños, porque de tal manera la poesía los une y los confunde. Y digo de igual modo que no sé, después de tantos años, si aquellas lecciones que recibí al cruzar un río vertiginoso, al bailar alrededor del cráneo de una vaca, al bañar mi piel en el agua purificadora de las más altas regiones, digo que no sé si aquello salía de mí mismo para comunicarse después con muchos otros seres, o era el mensaje que los demás hombres me enviaban como exigencia o emplazamiento. No sé si aquello lo viví o lo escribí, no sé si fueron verdad o poesía, transición o eternidad, los versos que experimenté en aquel momento, las experiencias que canté más tarde.
(I did not learn from books any recipe for writing a poem, and I, in my turn, will avoid giving any advice on mode or style which might give the new poets even a drop of supposed insight. When I am recounting in this speech something about past events, when reliving on this occasion a never-forgotten occurrence, in this place which is so different from what that was, it is because in the course of my life I have always found somewhere the necessary support, the formula which had been waiting for me not in order to be petrified in my words but in order to explain me to myself.
During this long journey I found the necessary components for the making of the poem. There I received contributions from the earth and from the soul. And I believe that poetry is an action, ephemeral or solemn, in which there enter as equal partners solitude and solidarity, emotion and action, the nearness to oneself, the nearness to mankind and to the secret manifestations of nature. And no less strongly I think that all this is sustained – man and his shadow, man and his conduct, man and his poetry – by an ever-wider sense of community, by an effort which will for ever bring together the reality and the dreams in us because it is precisely in this way that poetry unites and mingles them. And therefore I say that I do not know, after so many years, whether the lessons I learned when I crossed a daunting river, when I danced around the skull of an ox, when I bathed my body in the cleansing water from the topmost heights – I do not know whether these lessons welled forth from me in order to be imparted to many others or whether it was all a message which was sent to me by others as a demand or an accusation. I do not know whether I experienced this or created it, I do not know whether it was truth or poetry, something passing or permanent, the poems I experienced in this hour, the experiences which I later put into verse).
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El Poeta
Antes anduve por la vida, en medio
de un amor doloroso: antes retuve
una pequeña página de cuarzo
clavándome los ojos en la vida.
Compré bondad, estuve en el mercado
de la codicia, respiré las aguas
más sordas de la envidia, la inhumana
hostilidad de máscaras y seres.
Viví un mundo de ciénaga marina
en que la flor de pronto, la azucena
me devoraba en su temblor de espuma,
y donde puse el pie resbaló mi alma
hacia las dentaduras del abismo.
Así nació mi poesía, apenas
rescatada de ortigas, empuñada
sobre la soledad como un castigo,
o apartó en el jardín de la impudicia
su más secreta flor hasta enterrarla.
Aislado así como el agua sombría
que vive en sus profundos corredores,
corrí de mano en mano, al aislamiento
de cada ser, al odio cuotidiano,
Supe que así vivían, escondiendo
la mitad de los seres, como peces
del más extraño mar, y en las fangosas
inmensidades encontré la muerte.
La muerte abriendo puertas y caminos.
La muerte deslizándose en los muros.
Like an Owl
Perching on a dark limb
Up on the Oak –
I am looking down
And I frown upon –
You, careless ragtag rodent.
I’ll make an egg-shaped bundle –
Of your bones and your skin –
When I’ve swooped down on you –
Hidden you below the fan of my wings –
Held you tight beneath my Sole.
You’ll try to breathe and break free –
First.
Then you’ll give yourself up –
For I am God –
Not just an Egyptian!
La grande France est rose ; la petite France reste bleue. On glose ici et là sur le résultat de ces élections : le taux d’abstention, le désamour vis-à-vis de Sarkozy, le succès des présidents de régions en exercice, la victoire de Martine Aubry, de Ségolène Royal, de Georges Frêche le paria, etc. Et cætera ! Pour moi, il y a bien plus important ailleurs : ce jour, la Chambre des Représentants des Etats-Unis a adopté une réforme – une vraie – sur l’assurance maladie ; une réforme véritablement historique portée par le Président en personne, dont le discours éclairé et fédérateur, dans des mots bien choisis, a eu raison d’une opposition idiote, arc-boutée, qui ne comprend toujours rien aux vraies valeurs de l’Amérique ! Les mots du Président Obama tout autant que sa détermination sont entrés dans l’Histoire !
Sarkozy n’est pas Obama, loin s’en faut. Il en souffre tant et plus, le pauvre ! Sa politique et son discours sont petits, mesquins, inadéquats, éloignés d’un peuple dont il se déclarait proche : comme ses tics de l’épaule et ses rictus, tout chez lui traduit une agitation désordonnée, dans une langue impropre et une totale inculture qu’il croyait pourtant être celles des Français ! Si cette démagogie-là a pu séduire de nombreux désespérés ou des nostalgiques d’une grandeur révolue, elle a sombré aujourd’hui, comme les réformes monomaniaques, dans un abîme dont la profondeur est à la mesure de faux espoirs naguère suscités.
Sarkozy, décidément, n’est pas Obama. Rien n’y fait et rien n’y fera jamais : le président américain est un vrai président, porté par une vraie vision, un projet sincère et une force immense. Le nôtre n’est qu’un pantin désarticulé (un guignol, pour mieux dire) qui a fait illusion ; qui a cru, dans sa vaniteuse sottise, qu’avec Obama il referait le monde ! Quelle arrogance ! Les Français qui ne se sont pas abstenus ont dit son fait à ce faux prince et à sa triste cour !
Quelques bonnes raisons supplémentaires pour un provincial de détester les Parisiens (et pour les Parisiens de se détester eux-mêmes)
Des raisons « supplémentaires » … Pour mieux comprendre ce qui suit, adressé au journal des lecteurs, qui n’a pas donné suite, se reporter à Marianne, n° 671, du 27 février au 5 mars 2010.
La première raison saute aux yeux dès qu’on ouvre le n° 671 de Marianne et qu’on lit le énième édito de Maurice Szafran consacré à Denis Olivennes et au Nouvel Obs. Je ne lis plus le Nouvel Obs et trouve cette querelle de journalistes parisiens nulle, déplacée et, pour tout dire, épouvantablement parisienne ! Personnellement, je me soucie comme d’une guigne du nombre de Marianne et de Nouvel Obs vendus en kiosques au fil des mois, tout comme je me fiche que M. Olivennes soit aujourd’hui acquis (ou pas) au néolibéralisme. C’est son affaire et celle de ses lecteurs, un point c’est tout. Quant à qui, de Marianne ou du Nouvel Obs, gagne le plus d’argent, alors là, je m’en contrefous, je m’en balance, j’en n’ai rien à cirer !
Peut-être les règlements de comptes entre journalistes parisiens, par éditos interposés, sont-ils de mise, voire jubilatoires en-deçà du périphérique intérieur ; ils sont certainement inintéressants et très mal vus au-delà, particulièrement dans les kiosques provinciaux, qui sont bien plus nombreux que les kiosques parisiens) ! Alors, Messieurs, si vous voulez vraiment en découdre, rendez-vous donc un jour au bois de Boulogne ou de Vincennes à 5 heures du matin en présence de témoins autres que vos lecteurs (je suggère Jacques Julliard pour D. Olivennes et Jean-François Kahn, autre pourfendeur de confrères parisiens[1], pour M. Szafran) et, de grâce, foutez-nous la paix ! Si d’aventure les bois parisiens faisaient encore trop « campagne », je propose que le duel ait lieu dans le bureau d’Alain Rémond, qui aura là un excellent thème pour une prochaine chronique. Faut voir.
On trouvera une deuxième raison de détester les Parisiens, toujours dans Marianne, à la lecture de l’article subtil de Guy Konopnicki, « Je suis une tête de veau ». Subtil, en effet, car il parle de Paris par relief en creux : il encense la capitale, tel Homéopatix[2], en faisant mine de critiquer la triste évolution de la ville, où « l’ennui provincial a gagné ». Sous prétexte de se lamenter sur ce que serait devenu Paris, Guy Konopnicki, parisien jusqu’au bout de sa « chère ligne 9 »[3], affiche en fait un profond mépris pour le reste du pays, qui serait une vaste campagne sans bruit et sans éclairage nocturne. Les ruraux, comme les citadins d’ailleurs, apprécieront. Et puis, je me demande comment on peut aimer une ligne de métro. Ca pue, le métro ; c’est plein de gens aussi blafards qu’une lumière de néon, qui ne sourient jamais. Il y a manifestement là quelque chose qui exige que l’on prescrive en urgence à M. Konopnicki un séjour en montagne ou à la campagne, voire tout bêtement dans une autre ville, Marseille (13) par exemple, ou bien Barcelonnette (04).
Il est probable que notre « tête de veau » désabusée et chagrine a lu le numéro de Courrier international (18-24 février) consacré aux Parisiens et qu’il a pris ombrage du jugement sans appel prononcé à leur endroit par nombre de ses confrères étrangers. Je conçois que pour un Parisien qui ne jure que par sa ville, il doit être très dur, peut-être même insupportable que ses habitants soient détestés aussi bien par les étrangers que par les autres Français. Il y a manifestement de nombreuses raisons à cela.
Gageons que Marianne, si elle veut continuer à gagner de l’argent, devra sans doute témoigner à ses très nombreux lecteurs non parisiens (abonnés ou pas), ploucs, Bécassine et autres culs-terreux, un peu plus de respect, voire un peu d’amour ! A cet égard, je tiens à saluer et remercier un journaliste parisien qui parle mieux que personne de la tête de veau (la vraie) et aussi de la province, qu’il ne trouve pas si ennuyeuse que ça, bien au contraire : l’excellent Périco Légasse. J’espère qu’il aura convaincu les Parisiens de se rendre à la porte de Versailles pour voir des vaches et, surtout, les entendre et sentir péter.
Pour finir, deux autres raisons (toujours liées aux médias parisiens, qui se veulent « nationaux ») de détester le parisianisme plus encore que les Parisiens : d’abord les émissions très très bobo de Paris Première, et puis le « cheptel » de certaines émissions de radio et de TV, si bonnes soient-elles. Je veux parler de Dominique Reynié, Christophe Barbier, Roland Cayrol, Renaud Dély, Nicolas Domenach, Laurent Joffrin, Sylvie Pierre-Brossolette, Alexis Brézet et j’en passe… Tous d’excellents journalistes, soit, ou experts sur tous les sujets, comme on ne peut en trouver qu’à Paris ! Ca doit coûter moins cher à France 5, entre autres. Pas vrai, Yves Calvi ?
_____________________________________
[1] Cf. un récent bloc-notes peu amène (mais tellement bon, je l’avoue) sur Alain Duhamel.
[2] « Les lauriers de César », Goscinny et Uderzo.
[3] Formule de GK parue dans le n° 669.
28 février 2010.
- Jeux Olympiques de Vancouver : une bonne raison de construire enfin l’Europe.
La France se désole de n’avoir que 11 médailles (seulement 2 d’or) et de se retrouver à la 12ème place des nations qui battent la breloque. Imaginons que les sportifs de l’Union se soient tous présentés sous une seule et même bannière, celle de l’Europe. Eh bien, c’est très simple : l’Europe serait loin devant tous les autres. Je gage qu’il en irait de même pour l’économie, la diplomatie, la défense, la culture, etc. On peut toujours rêver…
- Salon de l’agriculture, Porte de Versailles (Paris)
Le président de la République n’aura pas inauguré la « plus grande ferme de France », qui a ouvert ses portes aujourd’hui. Il s’y rendra lorsqu’elle les fermera. Pour le moment, il jouit d’un week-end de repos bien mérité au Cap Nègre, après une folle semaine en Afrique, laquelle fit suite à une escapade aux Antilles, laquelle fit suite à… à quoi, déjà ? Bref, se mettre au Var, c’est plus reposant que de se mettre au vert. Surtout que notre président n’aime pas les paysans, ces culs-terreux qui empestent le fumier, le fromage et le vin, qui parlent avec un accent épouvantable de notre terroir, et dont les veaux, vaches, cochons, chèvres et surtout moutons lui rappellent sans doute trop ce peuple de France dont il est le chef. Bon, j’me casse…
Quelques questions que je me pose en vrac mais dans l’ordre retors d’un esprit sulfureux :
- Pourquoi Frédéric Lefebvre n’est-il pas né chien ?
- Pourquoi Fadela Amara est-elle devenue et pute et soumise ?
- Pourquoi Sarkozy voyage-t-il autant ?
- Quand pourrai-je partir à la retraite ? A 65 ans ? old clunker…
- Pourquoi les syndicats font-ils mine de s’intéresser aux questions précédentes ?
- A quoi servent les élections régionales ?
- A quoi sert le MODEM ? et Bayrou, hein ?
- Voterai-je pour la liste « Europe Ecologie » aux élections régionales ?
- Pourquoi Martine Aubry ne fait-elle bander personne (à part ce pauvre Hamon) ?
- Pourquoi Besancenot est-il aussi con que populaire ?
- Pourquoi Frêche a-t-il été exclu du PS ?
- Pourquoi n’ai-je pas mis de patates dans ma soupe de légumes ?
- Marga nous régalera-t-elle enfin d’une conférence sur les abanicos ?
- Pourquoi Richard Martin a-t-il gentiment répondu à mes messages de soutien ?
- Pourquoi suis-je abonné à Marianne ? à Courrier international ? à Télérama ?
- Pourquoi détesté-je BHL et Alain Minc, entre autres ?
- Pourquoi Arielle Dombasle est-elle si maigre ?
- Pourquoi n’ai-je pas lu Kant et Botul
?
- Pourquoi certains de mes élèves de 3A n’ont-ils pas assisté à mon dernier cours ?
- Pourquoi suis-je si triste en mon école malgré le bonheur que me procurent mes élèves ?
- Pourquoi ai-je froid alors qu’il fait 21° chez moi ?
- Pourquoi mes chattes tiennent-elles à dormir sous ma couette ?
- Pourquoi ma mère et mes filles me font (prennent)-elles la tête ?
- Pourquoi vais-je au théâtre ? au ciné ?
- Pourquoi certaines femmes se déguisent-elles en fantômes ?
- Pourquoi le journal régional de France 3 est-il aussi nul ?
- Pourquoi ne comprends-je rien (ou presque rien) aux messages de mes « chers » collègues ?
- Pourquoi veux-je gagner au loto ?
- Pourquoi ai-je décidé tout petit d’être prof ?
- Pourquoi me souviens-je de certains de mes anciens élèves ?
- Pourquoi lesdits élèves se souviennent-ils de moi ?
- … Et pourquoi, pourquoi, ai-je la nausée en me levant le matin ?
Pourquoi tout cela et pourquoi tout le reste, en plus de quelques yes-no questions?
février 16th, 2010 in
Humeur |
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