Pourquoi ?

Quelques questions que je me pose en vrac mais dans l’ordre retors d’un esprit sulfureux :

- Pourquoi Frédéric Lefebvre n’est-il pas né chien ?
- Pourquoi Fadela Amara est-elle devenue et pute et soumise ?
- Pourquoi Sarkozy voyage-t-il autant ?
- Quand pourrai-je partir à la retraite ? A 65 ans ? old clunker
- Pourquoi les syndicats font-ils mine de s’intéresser aux questions précédentes ?
- A quoi servent les élections régionales ?
- A quoi sert le MODEM ? et Bayrou, hein ?
- Voterai-je pour la liste « Europe Ecologie » aux élections régionales ?
- Pourquoi Martine Aubry ne fait-elle bander personne (à part ce pauvre Hamon) ?
- Pourquoi Besancenot est-il aussi con que populaire ?
- Pourquoi Frêche a-t-il été exclu du PS ?
- Pourquoi n’ai-je pas mis de patates dans ma soupe de légumes ?
- Marga nous régalera-t-elle enfin d’une conférence sur les abanicos ?
- Pourquoi Richard Martin a-t-il gentiment répondu à mes messages de soutien ?
- Pourquoi suis-je abonné à Marianne ? à Courrier international ? à Télérama ?
- Pourquoi détesté-je BHL et Alain Minc, entre autres ?
- Pourquoi Arielle Dombasle est-elle si maigre ?
- Pourquoi n’ai-je pas lu Kant et Botul :-) ?
- Pourquoi certains de mes élèves de 3A n’ont-ils pas assisté à mon dernier cours ?
- Pourquoi suis-je si triste en mon école malgré le bonheur que me procurent mes élèves ?
- Pourquoi ai-je froid alors qu’il fait 21° chez moi ?
- Pourquoi mes chattes tiennent-elles à dormir sous ma couette ?
- Pourquoi ma mère et mes filles me font (prennent)-elles la tête ?
- Pourquoi vais-je au théâtre ? au ciné ?
- Pourquoi certaines femmes se déguisent-elles en fantômes ?
- Pourquoi le journal régional de France 3 est-il aussi nul ?
- Pourquoi ne comprends-je rien (ou presque rien) aux messages de mes « chers » collègues ?
- Pourquoi veux-je gagner au loto ?
- Pourquoi ai-je décidé tout petit d’être prof ?
- Pourquoi me souviens-je de certains de mes anciens élèves ?
- Pourquoi lesdits élèves se souviennent-ils de moi ?
- … Et pourquoi, pourquoi, ai-je la nausée en me levant le matin ?

Pourquoi tout cela et pourquoi tout le reste, en plus de quelques yes-no questions?

  • Citoyen en colère

    29 janvier 2010

    1. Le parquet, déjà bien rayé par les crocs (de boucher) de Nicolas Sarkozy, a donc fait appel de la relaxe de Villepin. Si, comme beaucoup le croient, l’appel a été interjeté avec la bénédiction (ou l’ordre) téléphonique des autorités de tutelle du procureur, à savoir la garde des sceaux et le président de la République, alors nous sommes bel et bien dans une république bananière. Il faudra donc changer notre Constitution pour que certains potentats velléitaires ne puissent plus abuser des pouvoirs qui leur ont été « démocratiquement » conférés. La Constitution des Etats-Unis et la « Bill of Rights » (déclaration des droits de l’Homme), aussi simples que brèves, pourraient nous servir d’exemple.

    2. Des chiens présidentiels : François Mitterrand avait Baltic ; Jacques Chirac avait Sumo. Nicolas Sarkozy, lui, a Frédéric Lefebvre. Ce dernier est moins sympathique et beaucoup plus dangereux que les deux autres parce qu’il parle en même temps qu’il aboie ! Ses dernières déclarations depuis le jugement rendu hier dans l’affaire Clearstream sont une honte, un outrage (aux magistrats), un scandale ! Elevé au Purina, ce bon toutou adore quand même les os et sa baballe. Allez, Fredo, va chercher !

    3. Quiconque gagnera les élections en Languedoc-Roussillon pourra dire qu’il/elle a été élu(e) frêchement (ou frêchement élu(e), selon le cas) ! A mon avis le PS a, dans cette affaire, une attitude pas très catholique ! Ni très orthodoxe d’ailleurs !

    4. J.D. Salinger est mort. The Catcher in the Rye demeure dans la mémoire et le coeur du jeune lecteur que je fus.

    Ce que Shakespeare nous dit

    « In sooth, I know not why I am so sad :
    It wearies me ; you say it’ wearies you ;
    But how I caught it, found it, or came by it,
    What stuff ’tis made of, whereof it is born,
    I am to learn ;
    And such a want-wit sadness makes of me,
    That I have much ado to know my self. »

    Willliam Shakespeare, The Merchant of Venice.

    Savez-vous ce qu’est la mélancolie ? Pourquoi certains en souffrent ? Le diagnostic est-il aujourd’hui meilleur et plus juste qu’à la Renaissance ?

    Copenhague : le chant des sirènes

    J’avais (pré)dit à mes élèves, dans ma classe, que Copenhague serait un échec. C’en est un, hélas, sans l’ombre d’un doute. Les chefs d’états réunis aujourd’hui s’apprêtent à signer un simple document, une déclaration d’intention en quelque sorte, pour éviter que ce sommet ne soit un fiasco ou, plus précisément, qu’il n’apparaisse comme tel au yeux de l’opinion publique mondiale. Personne ne s’engage ; rien n’est obligatoire : chacun pourra continuer à pourrir le monde à son seul profit après avoir ajusté sur son tout petit nez ses toutes petites lunettes. 2050, c’est loin. 2100, plus loin encore… Après nous le déluge !

    On se contente de se saluer, d’être d’accord sur le fait de ne rien faire, en attendant une nouvelle conférence qui, c’est certain, résoudra cette fois tous les problèmes. Tous ! Mais la température monte, monte, monte, comme le niveau des mers… et de la connerie de ceux qui nous dirigent.

    Si Noé veut de moi, je le suivrai pour une nouvelle aventure ! A moins que les peuples ne se révoltent avant et envoient leurs gouvernants à l’eau.

    A que j’an é marre de Johnny !

    Ca n’arrête plus depuis des jours : Johnny Halliday est hospitalisé, comme chacun sait, à Los Angeles. On nous abreuve, on nous gave, on nous dégoûte de son état de santé, heure après heure, jour après jour. Je n’en peux plus ! Arrivé dans cette ville exotique en fauteuil roulant, quelques heures après une opération dans un hôpital très très chic de Paris, le rocker préféré des Français (enfin… de presque tous) se remet enfin de deux comas artificiels, entourés de sa meute familiale, amicale et journalistique. Tous les auditeurs, lecteurs et téléspectateurs français (pas les autres, heureusement pour eux !) ont droit à des bulletins de santé réguliers, qu’ils le veuillent ou non : l’idole est alitée ; il se réveille ; il souffre ; il est heureux d’être si bien entouré, plus auréolé encore que ses aisselles sur scène (ou sur Seine, comme vous voudrez) !

    On nous informe que les concerts « Johnny 66  » (route 66, âge 66 : c’est futé, hein ?) ont tous été annulés. Tu parles : le pauvre vieux n’a pas le droit de prendre l’avion pour rentrer en France. Personnellement, ne faisant pas partie des quelque 160 000 fans qui, les larmes aux yeux, se feront rembourser des billets à 100 euros min., je me fous éperdument de la nouvelle, comme je me fous de l’artiste ! Quant aux inquiétudes de ses compagnies d’assurance… Je voudrais tout simplement qu’on ne m’impose pas ses bulletins de santé ni les commentaires mièvres de ses amis éplorés. Ras-le-bol, donc, des nouvelles de Johnny à la une de tous les journaux, de toutes les radios et de toutes les télés de France. La France, ce pays où, soit dit en passant, la star fait tout son fric sans y payer l’impôt.

    Du Johnny, nous en bouffons tellement que j’aimerais qu’il devienne enfin, une fois pour toutes, l’idole des jeûnes !

    Des minarets…

    Une querelle de clocher ? Le vote suisse a aussitôt déclenché une salve de critiques et d’émois. Moi, j’observe et je m’interroge sur ce vote ; sur ce qu’il signifie et ce qu’il dit. Je ne suis pas certain que les Suisses soient racistes ou contre l’Islam. Je me demande donc ce qu’est un minaret et à quoi il peut bien servir. Est-ce un simple ornement architectural ? Une tour qui offre une vue imprenable sur un monde conquis ? Le symbole du refus des valeurs auxquelles je crois ? Une autre burqa ? Je suis incapable de me prononcer pour le moment mais je suis vigilant. La laïcité, pour moi, est une valeur républicaine irréfragable.

    Posté ce 7 décembre 2009 sur un forum de Libération :

    Tout d’abord, il eût été (intellectuellement) honnête que les politiques français prennent le temps de la réflexion avant de faire à chaud des déclarations intempestives, immédiates et donc irréfléchies. Moi, je me contente d’observer et ne me prononcerai donc pas encore pour ou contre les minarets.

    Quelques éléments de réflexion cependant. La Suisse est un petit pays sans façade maritime, sans (douloureuse) histoire coloniale, entourée de pays membres de l’UE qu’elle ne veut pas rejoindre. Les banques y sont peut-être pour quelque chose, comme la douceur de vivre en montagne. La Suisse est neutre – ou se déclare comme telle. Elle est ceinte de toute part et sa neutralité, mieux que les montagnes, lui a longtemps servi de forteresse. Les minarets n’ont peut-être rien de neutre, eux, un peu comme ces Français frontaliers qui iraient manger le pain des Suisses. Ou ceux qui, riches à souhait, payent leurs impôts en terrain neutre  - et auraient ainsi mauvaise grâce à s’immiscer dans un débat sur l’identité nationale ! Quel rapport avec les minarets ? Je m’interroge, c’est tout. Quel rapport avec la Suisse ? Là, je m’interroge moins !

    Pour comprendre les choix d’un peuple, il faut connaître ce peuple, son histoire et sa culture. Je ne sais pas grand-chose des Suisses car je trouve la neutralité assez fade et ne m’y intéresse donc peu. Cependant, se pose en la circonstance la question de l’identité de l’Europe (pas de la Suisse, dont l’identité me paraît aussi neutre que la blanche couleur de ses sommets).

    On dit, sans doute avec raison, que de par son histoire ancienne, notre bout de continent est chrétien, avec toutes les valeurs que le christianisme emporte, des valeurs avant tout républicaines, eh oui, que nous pourrions sottement croire détachées de toute forme de spiritualité. L’égalité, la fraternité, la liberté, la tolérance, le pardon (l’oubli) et même la laïcité trouvent leur fondement dans les valeurs chrétiennes, n’en déplaise aux athées militants relativistes (une confession, soit dit en passant, semblable à toutes les autres).

    D’un point de vue historique et architectural (donc symbolique), les clochers des églises font partie d’un paysage et d’une culture vieux de plusieurs siècles. Les minarets, comme les clochers, ont également une valeur symbolique, et c’est bien à celle-ci qu’il faut s’intéresser sans passion mais avec honnêteté. Je ne souscris aucunement aux thèse de Samuel P. Huntington (The Clash of Civilizations), et j’aimerais beaucoup ne pas devoir y souscrire un jour, d’où la nécessité impérieuse, je le répète, d’une observation et d’une réflexion sereines. J’ose croire que les minarets ne sont pas conçus aujourd’hui par certains prosélytes (du grec prosêlutos, « nouveau venu dans un pays ») comme un avatar inamovible et altier de la burqa, au port de laquelle je suis carrément opposé parce que ce vêtement porte et affiche des « valeurs » incompatibles avec les miennes et qu’il est une provocation manifeste et insupportable.

    Il y a quelques mois, j’écrivais un poème sur Grenade. Grenade et toute l’Andalousie, où se mêlèrent un jour et pendant des siècles, harmonieusement, le Chrétien, le Musulman et le Juif. L’histoire nous apprend bien des choses, n’est-ce pas ? J’ai aussi écrit sur Marseille, celle d’aujourd’hui, où des petits ne se lèvent plus dans le bus, hélas, pour céder leur place à une vieille dame au chignon argenté ; où roulent partout des fantômes sans repères, dans une indifférence feinte qui risque de ne plus pouvoir taire très longtemps des colères angoissées et craintives jusqu’ici contenues. Je parle des rues sales, des graffiti, de la haine et du mépris, de l’incivisme et de l’orgueil. Je parle aussi d’âmes désemparées qui, par dépit, voteront un jour massivement pour l’innommable. Dieu nous garde de toutes ces atrocités !

    Coups de cœur d’un week-end à partager

    Vendredi 27 novembre. Remise des diplômes à la promo 2009 de l’Ecole Centrale Marseille. Cérémonie un peu convenue, certes, et un tantinet ennuyeuse. Mais j’y suis allé pour revoir et féliciter quelques-uns de mes nouveaux anciens élèves. Ca m’a fait du bien de revoir ces jeunes avec qui j’ai passé d’excellents moments. Dehors, en bas de la Canebière, la traditionnelle foire aux santons à laquelle je me suis rendu pour éviter les interminables discours, en attendant la remise des diplômes proprement dite. Enfin, les lauréats, appelés l’un après l’autre, se sont rangés sur l’estrade, comme dans une crèche vivante.

    Vendredi toujours, le soir, au Toursky : Les Bons Becs, cinq gugusses musiciens pleins d’humour et bourrés de talent. Un grand voyage musical autour du monde. Jubilatoire !

    Samedi 28 novembre. Au cinéma « Les Variétés », le dernier film de Michael Moore, Capitalism: A Love Story. Génial ! Où l’on comprend (si on ne le savait pas encore) que le capitalisme sauvage et débridé (l’ultralibéralisme) est tout le contraire de l’Amérique, de ses valeurs et du modèle de démocratie que furent les USA depuis leur naissance en 1776. Michael Moore n’hésite d’ailleurs pas à se référer à la Constitution (1787) et agrémente son générique de fin de quelques citations fort opportunes de quelques pères fondateurs (Thomas Jefferson, Benjamin Franklin, George Washington, etc.). A voir ab-so-lu-ment ! Je ne manquerai pas d’en parler à mes élèves.

    Dimanche 29. J’écoute enfin, après être rentré d’une brocante où j’ai fait quelques affaires, un disque acheté vendredi : Ibérica. Anne Gastinel au violoncelle et Pablo Márquez à la guitare nous invitent à découvrir ou redécouvrir de grands compositeurs espagnols comme Manuel de Falla ou Enrique Granados. 28 morceaux savoureux, apaisants et revigorants à la fois. Bref, une merveille ! Tout en écoutant ce divin CD, je lis Qu’est-ce qu’être français ?, un recueil de témoignages proposé par l’Institut Montaigne. Très bel ouvrage où dix-neuf personnalités d’origines culturelles diverses livrent leur idée de la francité. Il ne faut pas que j’oublie d’en parler à mes élèves.

    Bon baisers de Marseille où la nuit tombe sur un bonhomme heureux.

    Marseille à la une, hélas !

    Il ne se passe pas un jour sans qu’on entende parler (en mal) de Marseille. Hier la ville était ensevelie sous des milliers de tonnes d’ordures par la faute d’une poignée d’éboueurs maîtres chanteurs à qui l’on finit par céder, une fois encore. Aujourd’hui, on apprend que le tri des ordures ménagères opéré par les particuliers ne sert à rien depuis un mois : le carton, le plastique et le verre partent à la même décharge (Entressen, la plus grande d’Europe) que toutes les ordures : le centre de tri attend d’être certain d’avoir le marché pour rouvrir ses portes. Petit détail : la collecte d’une tonne de déchets recyclés coûte entre 350 et 1 000 euros. La justice subodore quelques malversations et autres magouilles relatives à la collecte des déchets dans la communauté urbaine. Et pourtant, Renaud Muselier, interviewé sur France Info, continue d’affirmer que Marseille n’est pas Naples ! Ben voyons ! Poursuivons : la station d’épuration de Marseille (la plus grande station enterrée du monde) présente soudain des anomalies techniques pointées du doigt par la Commission européenne. Et la mer continue de servir d’égout. Et l’Huveaune, bourrée de dioxine, est interdite aux pêcheurs jusqu’à nouvel ordre. Et demain ?

    Marseille 2013 : capitale européenne de la coproculture !

    « Wir sind Brühe, it’s magnifical! »

    On peut penser et dire ce qu’on veut, Sarko n’est pas bon ! Je ne parle pas ici de sa politique économique ou sociale. Je parle de quelque chose que je crois connaître, à savoir les langues et la communication interculturelle. Notre président ne parle aucune langue étrangère, pas même la sienne, le français, qu’il massacre tant et plus dès qu’il ne lit pas un discours de Guaino ! Ca m’énerve, ça m’exaspère, ça me rend fou !

    A la reine d’Angleterre qui, soit dit en passant, parle un français impeccable, notre président aurait dit en s’extasiant devant le faste de la Couronne : « It’s magnifical! » A Angela Merkel, il aurait récité en allemand, sans comprendre un traître mot de sa phrase toute faite, « Wir sind Brühe, wir sind Berlin ! » Eh oui, nous, Français et Allemands, sommes de la soupe, du bouillon ! On voulait simplement lui faire dire : « Wir sind Brüder », c’est-à-dire nous sommes frères. Mais où était donc Carla-Sissi ? Et Tomatis, le Mozart-thérapeute ?

    Une voix, une musique

    Je viens de découvrir Gurrumul : une voix magique et suave portée par quelques notes sur une guitare. On peut ne pas voir (Gurrumul est aveugle de naissance) mais on peut tout de même regarder, sentir, éprouver ! Même si vous avez des yeux pour voir, fermez-les pour écouter et comprendre l’Autre !